Bariza Khiari, l’atout musulman de Macron pour (co) diriger En Marche !

Il y a quelques jours le mouvement En Marche ! a adopté ses nouveaux statuts avec un score de république bananière: plus de 90% des votants ont dit oui à ces nouveaux statuts. On notera que sur les 240 000 adhérents (l’adhésion est gratuite) du mouvement qui a submergé la France au dernières législatives, seuls 30% ont voté… ce qui en dit long sur le pseudo militantisme des troupes d’En Marche !

Ces nouveaux statuts, voulus par Macron, entérinent la création d’une direction collégiale: 3 personnes co-dirigeront le mouvement. 3 ex-socialistes: L’ex-député PS Arnaud Leroy, une ancienne conseillère municipale PS de Paris Astrid Panosyan qui rejoindra Macron à Bercy en 2014 et… tadam ! Bariza Khiari ! (Autant dire que le  » En Marche n’est ni de droite, ni de gauche  » a pris du plomb dans l’aile, nous sommes bien en terre socialiste)

Mais qui est donc Bariza Khiari ? Comme dirait la Méluche, mais oui,  » les gens « , il faut s’intéresser de près à ceux qui, à défaut d’avoir le pouvoir, deviennent le bras armé du pouvoir.

Bariza Khiari est une ancienne sénatrice PS de Paris, elle fut même vice-présidente du Sénat. Elle a la double nationalité: française et algérienne. Elle a présidé l’amicale sénatoriale France-Maroc et se revendique ouvertement musulmane et de culture musulmane, titre de gloire qui la fera élire  » sénatrice de l’année  » en 2004. Ancienne militante du MRAP, de la CFDT et de la FCPE, ancienne membre du Comité national de réflexion sur la laïcité à l’école, elle a donc tout le bagage de la parfaite apparatchik socialiste, mondialiste, « progressiste « , universaliste et vivrensemblesque. Elle s’oppose aux statistiques ethniques, défend, pour faire simple, la théorie du genre et sera très active avec Mam’ Taubira pour le mariage zinzin… En clair, Bariza aurait pu être la mère spirituelle de Belkacem ! C’est vous dire si on pourra compter sur elle pour défendre l’identité française.

Autres titres de gloire ?

– Selon le journal AgoraVox, les parents de Khiari étaient de fervents militants du FLN en Algérie ce qui serait à l’origine du militantisme pro-Islam de Bariza.

– Elle se dit elle-même proche du CCIF et de Marwan Muhammad.

– En 2011, alors que Sarkozy et Fillon essayaient de repenser la place de l’Islam en France, elle déclarera que  » le problème, ce n’est pas Tariq Ramadan mais le gouvernement « .

– En 2016, appuyée par 42  » intellectuels  » musulmans, elle lancera un appel en faveur d’une réflexion sur la place de l’Islam en France. Alors que cet appel débute par une énumération des différents attentats ayant ciblé notre territoire, l’épisode Merah et la tuerie de l’école Ozar Atorah de Toulouse seront sciemment omis. Le Crif parlera d’affront à la mémoire des huit victimes de Merah. Cet appel fut, entre autres, co-signé par Rhamene Azzouzi, admirateur de Tariq Ramadan. Rhamene Azzouzi publiera une tribune relayée par Médiapart dans laquelle il critiquera la place de la communauté juive en France.

– Elle fera voter une loi permettant aux étrangers certains emplois qui leur étaient auparavant fermés au prétexte que  » Les fondements de ces restrictions sont historiquement connotés, économiquement obsolètes et moralement condamnables, restrictions qui rappellent des heures malheureuses de xénophobie et d’intolérance, et à laquelle la République se doit donc de mettre un terme. Toute discrimination, parce qu’elle fait primer la différence, mine le vivre-ensemble. Quand on incite à opérer une distinction entre nationaux et étrangers, on renvoie ces derniers à leur condition première, ils voient ainsi leur situation s’aggraver par une relégation supplémentaire du fait de la loi « .

– En octobre 2013, elle inaugure le colloque au Sénat (Paris) sur l’islam des Lumières avec Reza, Tahar Ben Jelloun, Malek Chebel, Olivier Weber, Abdelkader Djemaï, Gilles Kepel et Barmak Akram. Le débat a été ensuite reproduit en novembre de la même année au Maroc lors d’une conférence sur la tolérance.

– Bariza Khiari sera, au sénat,l’une des plus farouche opposante à la déchéance de nationalité que voulait instaurer François Hollande.

– Pour elle aussi  » L’accueil [des migrants], c’est oui « . (voir sa page facebook).

– En avril 2016, elle est élue nouvelle présidente de l’Institut des cultures d’Islam (ICI), un établissement culturel de la ville de Paris.

– Le 29 août 2016, sur Itélé, elle déclare à Michael Darmon être favorable au burkini  » un nom de la liberté des femmes… « 

– En septembre 2016, elle soutient Libération qui demande le retrait d’Eric Zemmour des plateaux télés. (voir sa page facebook).

– A la tête de l’ICI, elle est accusée par Amine El Khatmi ( son livre  » Non, je ne me tairai plus  » paru en mars 2017) d’avoir, avec l’aide de Anne Hidalgo, organisé des montages financiers complexes afin de subventionner, sous couvert de  » culturel « , des lieux de culte musulman dans la capitale.

– Bousculée lors d’une interview menée par Bernard de la Villardière, elle reconnaîtra, acculée mais sans que cela fasse la moindre vague, que l’ICI, financée par la mairie de Paris, est  » la deuxième mosquée de Paris « .

– Le 3 mai 2017, elle déclare au journal Saphir News, et l’on comprend pourquoi:  » [Je soutiens Macron] il veut encourager la création d’une fédération nationale regroupant les associations cultuelles locales créées dans le cadre posé par la loi de 1905. Ces associations pourront recevoir des dons et des legs dans des conditions fiscales avantageuses et pourront ainsi contribuer à la rénovation et la construction de lieux de culte, ainsi qu’à une meilleure formation des imams, formation qui devra être validée par un diplôme universitaire. Il veut aussi encourager l’engagement de nouvelles générations de musulmans nés en France dans la gestion du culte musulman « .

– Dans le même journal, le 17 avril 2014, elle déclarait:  » Avec François Hollande, l’électeur musulman s’est senti trahi. Le PS ne pourra plus gagner sans l’électorat musulman « . Deux ans plus tard elle rejoint Macron et l’électorat musulman votera à plus de 90% pour lui.

Voilà donc qui va co-diriger En Marche ! Voilà donc la personne qu’Emmanuel Macron a choisi pour co-diriger son mouvement. Une fervente proselyte musulmane, une bi-nationale, une militante de la culture musulmane (voir sa page facebook), une ancienne du MRAP, une dingo de la laïcité, bref, autant dire une Belkacem puissance 10 qui ferait passer Vincent Peillon pour un gamin.

Et il y en aurait, j’en connais, pour penser que Macron pourrait nous protéger des méfaits de l’Islam et de la musulmanisation du pays. Les fous !

Tenez, je suis prêt à parier que sous peu reviendra, sans doute avant les prochaines élections municipales de 2020, le débat sur le droit de vote des étrangers aux élections locales et qui sait, peut-être son adoption… Après tout, encore vice-présidente du Sénat, Bariza Khiari y était favorable…

NB: Étonnamment, et alors que Bazira Khiari est l’un des premiers soutiens de Macron, ancienne déléguée nationale d’En Marche et maintenant co-dirigeante du mouvement, je n’ai trouvé aucune photo sur laquelle ils apparaîtraient ensemble.

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Ainsi depuis le mois de janvier, des terroristes musulmans ont commis une quinzaine d’attentats un peu partout en Europe. On ne doit pas être loin de la centaine de morts rien que pour les 8 premiers mois de l’année… Alors forcément, si bougies, ballons et nounours ressortent des placards, si les autorités et les noeuds-noeuds en appellent à l’unité et à la solidarité, de plus en plus sont nombreux les gens qui sentent la haine monter et qui appellent les autorités à plus de fermeté contre les muzz radicalisés, l’immigration sauvage, etc… Nombreux sommes-nous à dénoncer les impérities de nos autorités et le lèche-babouche de nos z’élites…

Bien, mais avons-nous au pouvoir des gens prêts à réagir et à stopper l’immigration et la musulmanisation de notre société, sources de nos malheurs ? Pouvons-nous compter sur Macron et sa clique pour sévir, expulser tous les fichés S étrangers ainsi que tous les clandos et autres migrants qui n’ont strictement rien à faire chez nous ?
Et bien je dis non. Et j’explique pourquoi sur un simple détail passé totalement inaperçu… ou volontairement tu. Au choix.
Il y a quelques jours le mouvement En Marche ! a adopté ses nouveaux statuts avec un score de république bananière: plus de 90% des votants ont dit oui à ces nouveaux statuts. On notera que sur les 240 000 adhérents (l’adhésion est gratuite) du mouvement qui a submergé la France au dernières législatives, seuls 30% ont voté… ce qui en dit long sur le pseudo militantisme des troupes d’En Marche !
Ces nouveaux statuts, voulus par Macron, entérinent la création d’une direction collégiale: 3 personnes co-dirigeront le mouvement. 3 ex-socialistes: L’ex-député PS Arnaud Leroy, une ancienne conseillère municipale PS de Paris Astrid Panosyan qui rejoindra Macron à Bercy en 2014 et… tadam ! Bariza Khiari ! (Autant dire que le  » En Marche n’est ni de droite, ni de gauche  » a pris du plomb dans l’aile, nous sommes bien en terre socialiste)
Mais qui est donc Bariza Khiari ? Comme dirait la Méluche, mais oui,  » les gens « , il faut s’intéresser de près à ceux qui, à défaut d’avoir le pouvoir, deviennent le bras armé du pouvoir.
Bariza Khiari est une ancienne sénatrice PS de Paris, elle fut même vice-présidente du Sénat. Elle a la double nationalité: française et algérienne. Elle a présidé l’amicale sénatoriale France-Maroc et se revendique ouvertement musulmane et de culture musulmane, titre de gloire qui la fera élire  » sénatrice de l’année  » en 2004. Ancienne militante du MRAP, de la CFDT et de la FCPE, ancienne membre du Comité national de réflexion sur la laïcité à l’école, elle a donc tout le bagage de la parfaite apparatchik socialiste, mondialiste, « progressiste « , universaliste et vivrensemblesque. Elle s’oppose aux statistiques ethniques, défend, pour faire simple, la théorie du genre et sera très active avec Mam’ Taubira pour le mariage zinzin… En clair, Bariza aurait pu être la mère spirituelle de Belkacem ! C’est vous dire si on pourra compter sur elle pour défendre l’identité française.

Autres titres de gloire ?

– Selon le journal AgoraVox, les parents de Khiari étaient de fervents militants du FLN en Algérie ce qui serait à l’origine du militantisme pro-Islam de Bariza.

– Elle se dit elle-même proche du CCIF et de Marwan Muhammad.

– En 2011, alors que Sarkozy et Fillon essayaient de repenser la place de l’Islam en France, elle déclarera que  » le problème, ce n’est pas Tariq Ramadan mais le gouvernement « .

– En 2016, appuyée par 42  » intellectuels  » musulmans, elle lancera un appel en faveur d’une réflexion sur la place de l’Islam en France. Alors que cet appel débute par une énumération des différents attentats ayant ciblé notre territoire, l’épisode Merah et la tuerie de l’école Ozar Atorah de Toulouse seront sciemment omis. Le Crif parlera d’affront à la mémoire des huit victimes de Merah. Cet appel fut, entre autres, co-signé par Rhamene Azzouzi, admirateur de Tariq Ramadan. Rhamene Azzouzi publiera une tribune relayée par Médiapart dans laquelle il critiquera la place de la communauté juive en France.

– Elle fera voter une loi permettant aux étrangers certains emplois qui leur étaient auparavant fermés au prétexte que «  Les fondements de ces restrictions sont historiquement connotés, économiquement obsolètes et moralement condamnables, restrictions qui rappellent des heures malheureuses de xénophobie et d’intolérance, et à laquelle la République se doit donc de mettre un terme. Toute discrimination, parce qu’elle fait primer la différence, mine le vivre-ensemble. Quand on incite à opérer une distinction entre nationaux et étrangers, on renvoie ces derniers à leur condition première, ils voient ainsi leur situation s’aggraver par une relégation supplémentaire du fait de la loi « .

– En octobre 2013, elle inaugure le colloque au Sénat (Paris) sur l’islam des Lumières avec Reza, Tahar Ben Jelloun, Malek Chebel, Olivier Weber, Abdelkader Djemaï, Gilles Kepel et Barmak Akram. Le débat a été ensuite reproduit en novembre de la même année au Maroc lors d’une conférence sur la tolérance.

– Bariza Khiari sera, au sénat,l’une des plus farouche opposante à la déchéance de nationalité que voulait instaurer François Hollande.

– Pour elle aussi  » L’accueil [des migrants], c’est oui  « . (voir sa page facebook).

– En avril 2016, elle est élue nouvelle présidente de l’Institut des cultures d’Islam (ICI), un établissement culturel de la ville de Paris.

– Le 29 août 2016, sur Itélé, elle déclare à Michael Darmon être favorable au burkini  » un nom de la liberté des femmes…  »

– En septembre 2016, elle soutient Libération qui demande le retrait d’Eric Zemmour des plateaux télés. (voir sa page facebook).

– A la tête de l’ICI, elle est accusée par Amine El Khatmi ( son livre  » Non, je ne me tairai plus  » paru en mars 2017) d’avoir, avec l’aide de Anne Hidalgo, organisé des montages financiers complexes afin de subventionner, sous couvert de  » culturel « , des lieux de culte musulman dans la capitale.

– Bousculée lors d’une interview menée par Bernard de la Villardière, elle reconnaîtra, acculée mais sans que cela fasse la moindre vague, que l’ICI, financée par la mairie de Paris, est  » la deuxième mosquée de Paris « .

– Le 3 mai 2017, elle déclare au journal Saphir News, et l’on comprend pourquoi:  » [Je soutiens Macron] il veut encourager la création d’une fédération nationale regroupant les associations cultuelles locales créées dans le cadre posé par la loi de 1905. Ces associations pourront recevoir des dons et des legs dans des conditions fiscales avantageuses et pourront ainsi contribuer à la rénovation et la construction de lieux de culte, ainsi qu’à une meilleure formation des imams, formation qui devra être validée par un diplôme universitaire. Il veut aussi encourager l’engagement de nouvelles générations de musulmans nés en France dans la gestion du culte musulman « .

– Dans le même journal, le 17 avril 2014, elle déclarait:  » Avec François Hollande, l’électeur musulman s’est senti trahi. Le PS ne pourra plus gagner sans l’électorat musulman « . Deux ans plus tard elle rejoint Macron et l’électorat musulman votera à plus de 90% pour lui.

Voilà donc qui va co-diriger En Marche ! Voilà donc la personne qu’Emmanuel Macron a choisi pour co-diriger son mouvement. Une fervente proselyte musulmane, une bi-nationale, une militante de la culture musulmane (voir sa page facebook), une ancienne du MRAP, une dingo de la laïcité, bref, autant dire une Belkacem puissance 10 qui ferait passer Vincent Peillon pour un gamin.

Et il y en aurait, j’en connais, pour penser que Macron pourrait nous protéger des méfaits de l’Islam et de la musulmanisation du pays. Les fous !

Tenez, je suis prêt à parier que sous peu reviendra, sans doute avant les prochaines élections municipales de 2020, le débat sur le droit de vote des étrangers aux élections locales et qui sait, peut-être son adoption… Après tout, encore vice-présidente du Sénat, Bariza Khiari y était favorable…

NB: Étonnamment, et alors que Bazira Khiari est l’un des premiers soutiens de Macron, ancienne déléguée nationale d’En Marche et maintenant co-dirigeante du mouvement, je n’ai trouvé aucune photo sur laquelle ils apparaîtraient ensemble.

images (3)
C’est une macronniste type, elle a toutes les qualités requises,
bravo, voilà qui fait chaud au coeur. Pas étonnant, tout de même
qu’on ne les voie pas ensemble,avec Macrouille, il n’a pas besoin
de s’afficher avec un tel boulet, il suffit de la coller là où elle
pourra nuire!
Quand je pense à tous ces corniauds qui ont voté Macron « pour éviter
le pire »!

Le sortilège oligarchique

Un vieux papier mais qui vaux le coup d’être lu, il sera d’actualité pendant 5 longues années

Quand 31% des voix donnent 71 % des députés avec une abstention majoritaire… La France risque d’entrer dans l’ère du parti unique pour les 5 ans à venir avec une liberté quasi totale pour le gouvernement Macron qui obtiendra vraisemblablement la majorité absolue des sièges à l’Assemblée nationale avec 13,4% des électeurs inscrits. Le tout dans le cadre d’irrégularités massives, de radiations de masse et de la privatisation du processus électoral.

12 juin 2017 / par Hervé Kempf (Reporterre)

La victoire du parti du président est massive, mais fragile, du fait d’une abstention majoritaire. Mais la société semble anesthésiée par l’étonnant hold-up politique mené par M. Macron.

On n’avait pas vu un tel hold-up sur l’Etat depuis que de Gaulle a pris le pouvoir en 1958 : Emmanuel Macron, sorti de l’inconnu, a réussi en moins de deux ans à créer un mouvement politique qui, après l’avoir porté à la présidence de la République, s’apprête à rafler la majorité absolue des sièges à l’Assemblée nationale.

M. Macron est un pur produit de l’oligarchie : s’il est personnellement doté de qualités remarquables, elles n’ont cependant pu s’exprimer que parce qu’un réseau de cadors économiques et politiques l’a soutenu sans barguigner, parce que l’argent d’opulents donateurs a abondé dans ses caisses, parce que les médias dominés par les puissances financières l’ont popularisé sans recul – sans oublier la chance de voir un rival de ligne politique proche, François Fillon, se couler lui-même par sa médiocre corruption.

Et les Français, qui paraissaient dégoûtés de M. Hollande, ont désigné son continuateur, qui ne cache pas qu’il va approfondir la politique néo-libérale que tente d’imposer sans discontinuer, depuis plusieurs quinquennats, la classe dirigeante à une société toujours rétive. Anesthésiés, enjôlés par la jeunesse et l’aisance souriante du président inattendu, ou déçus des divisions de l’opposition de gauche, les électeurs sont restés majoritairement chez eux, donnant pour cinq ans les clés de tous les pouvoirs au gang de M. Macron – le mot « gang » désigne l’équipe d’efficaces compères de M. Macron qui a réalisé cet étonnant hold-up politique.

L’oligarchie parvient donc à se continuer, brillamment, envoûtant la France d’un sortilège qui lui fait croire qu’enfin, les problèmes vont s’évaporer. On voit assez, entre refonte du code du travail, normalisation des dispositions de l’état d’urgence, allègement des impôts sur les capitaux et recherche de la croissance, ce qui se dessine. N’empêche : la classe dirigeante paraît avoir les mains libres.

Mais la légitimité du nouveau pouvoir est discutable. « Quand 31 % des voix donnent à un parti 71 % des députés, est-on encore dans une ’démocratie représentative’ ? », interroge le journaliste Pascal Riché. La réponse est simple : non. On est passé dans un système oligarchique.

L’abstention a dépassé 51 % en ce premier tour des législatives, le 11 juin 2017, du jamais vu depuis… 1958. Et si l’on représente l’état des forces politiques en intégrant ce phénomène, on constate, comme l’a fait Yoann Ferret, que La République en marche, le mouvement de M. Macron, aura la majorité absolue avec… 13,4 % des électeurs inscrits.

Deuxième remarque : le couplage de l’élection présidentielle et de l’élection législative donne presque mécaniquement tous les pouvoirs au gagnant de la première, puisque ses candidats députés sont portés par la dynamique de sa victoire. Ce couplage, qui n’existait pas au début de la Ve République, en accroît les vices, puisqu’elle empêche que, pendant cinq ans, on remette en cause la politique choisie. Cela donne un pouvoir bien trop grand à l’exécutif.

La tentation sera grande, si la société n’adhère pas à la politique menée par ce pouvoir peu légitime, de dériver encore davantage vers l’autoritarisme. Après le sortilège viendra le temps des maléfices.

 

Des figurants payés pour «faire le show» lors de la convention de LREM ? Une militante l’affirme

Voilà qui peut raisonnablement questionner (et le pigeons vont encore payer avec toute la basse cour?):

« En raison de sa large victoire aux élections législatives qui lui assure 20 millions d’euros d’aides publiques par an, le parti peut se permettre de proposer une adhésion gratuite. Une inscription simplissime qui, selon elle, ne manquera pas à l’avenir de poser un problème de crédibilité au parti : «Il y a un adhérent qui m’a dit : « J’ai adhéré au nom d’Alain Juppé » […] et on lui a dit : « Merci Alain Juppé d’avoir voté pour le statut »». Le 8 juillet, le parti revendiquait 370 000 adhérents.
Des faux membres de LREM ?
Plus troublant encore, la porte-parole des Marcheurs en colère affirme avoir rencontré de faux membres de LREM, engagés pour contribuer à l’ambiance de la convention du parti du 8 juillet à la Villette, à Paris. «J’ai discuté avec des gens qui étaient là pour faire le show et qui m’ont dit avoir été payés», affirme Tiphaine Beaulieu à Sputnik, ce qu’elle juge «très grave». Elle ajoute : «Ce mélange des genres pourrait être perçu comme une énorme escroquerie et […] manipulation de masse». …

Des figurants payés pour «faire le show» lors de la convention de LREM ? Une militante l'affirme© Lucas RT France – Capture d’écran Twitter
Public durant la convention de LREM le 8 juillet 2017 à Paris

Dans un entretien téléphonique accordé à Sputnik, Tiphaine Beaulieu, porte-parole du collectif Les marcheurs en colère, a dressé un portrait du fonctionnement de LREM pour le moins éloigné des affirmations des responsables du parti présidentiel.

Interrogée par l’agence de presse russe Sputnik, la porte-parole du collectif «Les marcheurs en colère», composé de militants de La République en marche (LREM), dénonce le fonctionnement interne du parti de la majorité présidentielle ainsi que ses nouveaux status.

 

statuts.

« Katarina d’En Marche », tout le monde peut appeler en disant ça

Dénonçant un problème de «management au sein de La République en marche», la marcheuse finistérienne pointe notamment du doigt le manque de transparence de la formation politique. Les interlocuteurs des adhérents seraient, à l’en croire, difficilement identifiables : «On n’a pas d’interlocuteurs. Les interlocuteurs sont des salariés d’En marche !, responsables de pôles territoires mais ce ne sont pas des décideurs [ce sont] des gens qui nous appellent et nous présentent ni leur fonction [ni leur nom]. « Katarina d’En Marche ! », tout le monde peut appeler en disant ça». Les interlocuteurs auxquels peuvent s’adresser les adhérents du parti ne seraient que «deux, trois» par comité local.

Il y a un adhérent qui m’a dit : « J’ai adhéré au nom d’Alain Juppé »

Un autre élément dénoncé par la partisane mécontente est le manque de filtres à l’adhésion du parti qui se fait gratuitement par simple enregistrement en ligne. En raison de sa large victoire aux élections législatives qui lui assure 20 millions d’euros d’aides publiques par an, le parti peut se permettre de proposer une adhésion gratuite. Une inscription simplissime qui, selon elle, ne manquera pas à l’avenir de poser un problème de crédibilité au parti : «Il y a un adhérent qui m’a dit : « J’ai adhéré au nom d’Alain Juppé » […] et on lui a dit : « Merci Alain Juppé d’avoir voté pour le statut »». Le 8 juillet, le parti revendiquait 370 000 adhérents.

Des faux membres de LREM ?

Plus troublant encore, la porte-parole des Marcheurs en colère affirme avoir rencontré de faux membres de LREM, engagés pour contribuer à l’ambiance de la convention du parti du 8 juillet à la Villette, à Paris. «J’ai discuté avec des gens qui étaient là pour faire le show et qui m’ont dit avoir été payés», affirme Tiphaine Beaulieu à Sputnik, ce qu’elle juge «très grave». Elle ajoute : «Ce mélange des genres pourrait être perçu comme une énorme escroquerie et […] manipulation de masse».

Capture du 2017-08-05 19-25-21

Des accusations graves portées par la représentante d’adhérents qui se retrouveraient marginalisés en raison de leurs critiques adressées aux cadres du parti. Au sein de celui-ci, toutes les personnes émettant publiquement des réserves sur le fonctionnement interne seraient, à en croire Tiphaine Beaulieu, «systématiquement black-listés», et leur accès à leur espace privé du site de LREM retiré.

Capture du 2017-08-05 19-25-41.png

Une grogne croissante parmi les troupes macronistes ?

Les voix dissonantes dénonçant le fonctionnement du parti se font de plus en plus nombreuses depuis le vote en ligne des nouveaux statuts du parti par les adhérents le 30 juillet 2017. Rémi Bouton, porte-parole du collectif «Démocratie en marche», avait ainsi dénoncé le fonctionnement «pyramidal» du parti. Le collectif a par ailleurs engagé des poursuites pour contester les nouveaux statuts qui, selon lui, n’ont pas été élaborés en collaboration avec les adhérents, contrairement à ce que les leaders macronistes affirment.

Capture du 2017-08-05 19-25-57

Jean-Pierre Mignard, avocat ayant participé à la rédaction des statuts du parti, avait justifié auprès de l’AFP le choix de cette structure comme un moyen d’«éviter des compétitions destructrices à l’intérieur du parti», en refusant la «structuration en courants». Une stratégie qui semble ne pas avoir rempli ses objectifs, comme le prouve ce vent de dissidence au sein du parti.

Bien fait pour eux! Ils ont cherché….. (Macron). A présent ils vont récolté ce qu’ils ont semé !!!

Lire aussi : Ils avaient voté Macron à 93% : les Français de l’étranger grandes victimes des coupes budgétaires ?

https://francais.rt.com/france/41653-figurants-auraient-ete-payes-pour-faire-show-convention-lrem-juillet

Macron face à la nouvelle guerre froide américaine (Consortium News)

Si vous comptez sur macron, considérez d’ores et déjà que c’est mort.

Diana JOHNSTONE

Le président français, Emmanuel Macron, s’est positionné comme un éventuel arbitre pour faciliter une réduction des tensions entre les États-Unis et la Russie, une démarche qui a du sens pour la France, mais qui peut provoquer les faucons officiels de Washington qui veulent intensifier la nouvelle guerre froide.

(Dennis Bernstein : ) 
J’ai interviewé la journaliste et historienne Diana Johnstone basée à Paris sur la récente visite de Trump à Paris. Johnstone est la co-auteur de From MAD to Madness : Inside the Pentagon’s Nuclear War Planning Machine [1], les mémoires de son père, Paul H. Johnstone, en tant qu’analyste principal du Groupe d’évaluation des armes stratégiques du Pentagone et co-auteur des Pentagon Papers. Je lui ai parlé par téléphone en France le 19 juillet.

* * *

Dennis Bernstein : Diana, quelle est votre réaction à la récente visite de Trump à Paris pour rencontrer Emmanuel Macron ?

Diana Johnstone : Eh bien, tout d’abord, il est clair qu’Emmanuel Macron a vu un avantage à être le seul ami d’un Trump dramatiquement isolé. Cette amitié pourrait renforcer la position de Macron dans ses relations avec l’Allemagne, la principale tâche de son mandat consistant à influencer l’Allemagne dans l’évolution de la politique de l’UE.

De plus, Macron est en mesure d’être un intermédiaire dans ce rapprochement entre Trump et Poutine, ce que bien sûr le Parti de la Guerre à Washington fait tout pour empêcher. Macron s’est donc placé dans une position intéressante.

Je pense que tous les quatre candidats en tête à la récente élection française auraient suivi la même voie, les autres probablement de manière plus résolue. C’était tout à fait dans l’intérêt de la France de changer sa politique étrangère. Les intellectuels qui s’occupent sérieusement, diplomates et autres, de la politique étrangère se rendent compte que cette politique visant le changement de régime en Syrie ne fonctionne pas et, en même temps, que les sanctions contre la Russie sont très nocives pour les économies française et européenne, alors qu’elles profitent aux États-Unis. Ce que Macron fait est donc sans doute ce que l’establishment français devait faire, quel que soit le candidat élu.

DB : Quelle est votre analyse sur cette folie du Russia-Gate ?

DJ : Eh bien, je ne suis pas psychiatre, mais vu d’ici en Europe, ce qui se passe est incroyable. Je viens de voir l’interview de Tucker Carlson avec Max Boot sur Fox News. Ce néoconservateur délirant de haine anti-russe est membre du Council of Foreign Relations [Conseil des Relations Extérieures], autrefois un cénacle de l’élite, alors qu’il devrait être sous traitement psychiatrique.

Bien sûr, la machine Clinton a pris le contrôle du Parti Démocrate et l’a transformé en Parti de la Guerre. Quel mal y a-t-il à parler à des étrangers ? L’idée même que parler aux Russes puisse constituer un acte de traîtrise est complètement insensée. À tout moment de l’histoire, même lorsque les gouvernements étaient réellement en guerre entre eux, ils maintenaient une sorte de contact, ne serait-ce que pour des raisons évidentes de renseignements.
 Maintenant, on ne veut rien savoir.

Essayer de criminaliser et d’interdire tout contact à un niveau plus ou moins officiel avec les Russes va au-delà de la pratique diplomatique traditionnelle, même en temps de guerre. Je pense que le problème à Washington est qu’il y sévit un véritable Parti de la Guerre prêt à aller jusqu’à la guerre nucléaire pour empêcher que la Russie puisse mettre en question l’hégémonie américaine.

DB : La grande histoire au G-20 était que Trump parlait à Poutine et devait donc être inculpé pour trahison, lui et toute sa famille.

DJ : Je suis sûre que les Russes en tirent la conclusion que nous allons vers la guerre. Que peuvent-ils comprendre d’autre ? Nous faisons tout pour convaincre les Russes que nous nous préparons à leur faire la guerre, quel qu’en soit le prix. Bien sûr, cela les oblige à renforcer leurs capacités militaires afin de pouvoir réagir. Poutine a constamment fait des gestes amicaux envers les États-Unis et ils ont simplement été ignorés. La seule explication possible est que nous sommes irrévocablement hostiles.

Rappelons qu’en 2013, Obama s’est retrouvé coincé par sa rhétorique sur la ’ligne rouge’, ayant promis que les États-Unis frapperaient la Syrie en cas d’utilisation d’armes chimiques. Naturellement, les médias occidentaux se pressaient de blâmer Assad, alors que depuis il a été bien établi par des enquêteurs très sérieux, dont Seymour Hersh, que cette utilisation d’armes chimiques n’était qu’une opération sous fausse bannière, visant à provoquer l’intervention américaine directe.

Avec beaucoup de tact, les diplomates russes ont proposé de sortir de l’impasse en organisant une opération internationale pour déposséder la Syrie de son arsenal chimique. Cela a très bien marché, offrant une illustration des bienfaits potentiels d’une coopération entre Moscou et Washington. Cette belle réussite prometteuse est tombée dans le trou noir de l’inconscience occidentale. Maintenant, tout le monde au sein de l’OTAN déplore « la faiblesse » d’Obama qui a raté l’occasion de bombarder Damas, en tirant la conclusion qu’il faut réagir de manière « plus forte ».

DB : Quel est votre avis sur la récente réunion du G-20 à Hambourg et la réponse populaire ? 

DJ : Je ne pense pas que cette réponse ait été très bien réfléchie. Beaucoup ne se rendent pas compte que le G-20 est, en réalité, un pas vers une réduction de la domination occidentale, car il comprend des nations non-occidentales très peuplées – la Russie, la Chine, l’Indonésie, etc. La réaction de la rue était très simpliste : « Ils sont le pouvoir et nous sommes contre. » Aucun discernement entre différents problèmes. Les violences ont éclipsé l’importance de la rencontre entre Poutine et Trump. Cette manifestation de rage populaire ne s’exprimait pas contre les multiples gestes belliqueux des dirigeants occidentaux mais contre une réunion qui essayait d’améliorer la communication internationale.

DB : Que pensez-vous de la controverse autour de l’Union européenne et du rôle de la France ?


DJ : l’Union européenne est totalement déséquilibrée parce que l’Allemagne est maintenant une nation exportatrice à faible coût du travail, qui maintient un déséquilibre commercial important avec ses partenaires. Deux des autres candidats en tête dans la course à la présidence française étaient très critiques de l’UE et ont même laissé planer la possibilité d’une sortie de l’euro.

Macron a été mis en place par l’establishment pour sauver l’Union européenne. Il est clair que la mission de Macron est de persuader les Allemands d’adopter une politique qui permettra aux autres pays de se développer économiquement au lieu d’être étranglés comme ils le sont actuellement. Je ne sais pas s’il réussira, mais c’est une des raisons pour lesquelles il veut que Trump et Poutine soient de son côté, pour remplacer Merkel en tant que figure dominante dans l’UE.

DB : Vous venez de sortir un livre incroyablement important intitulé From Mad to Madness : Inside the Pentagon’s Nuclear War Planning Machine. Votre père, Paul H. Johnstone, était analyste principal du Groupe d’évaluation des armes stratégiques au Pentagone. Vous avez repris les mémoires et commentaires qu’il a écrits sur le sujet. Lorsque Daniel Ellsberg a publié les Pentagon Papers, il a fait une chose d’une énorme importance. Mais ce n’est pas lui qui a écrit les Pentagon Papers, ils l’ont été par des planificateurs de la guerre. Votre père en était l’un des co-auteurs. Pouvez-vous décrire le travail de votre père pour le Pentagone ?

DJ : Un projet qu’il avait initié s’appelait « les études d’incidents critiques », qui visait à informer les dirigeants sur le vrai déroulement de situations de crise, qui échappent aux prévisions. Deux de ces études de crise sont dans le livre, l’une porte sur le Laos et l’autre sur la crise de Berlin. Fait intéressant, la sécurité était tellement draconienne qu’il n’avait plus accès à ses propres analyses, et a dû les réécrire de mémoire. Fondamentalement, son idée était d’essayer d’éduquer ces dirigeants sur les incertitudes liées à leurs décisions.

Voyez-vous, le Pentagone dresse des plans d’intervention militaire en tous genres, pour répondre aux crises théoriques, mais les dirigeants n’ont le temps de lire que des résumés, qui essaient généralement de présenter un côté positif et de faire valoir que « en tout cas, les Etats-Unis seront victorieux ». En fait, les dirigeants au sommet ne comprennent pas très bien vers quoi ils risquent d’entraîner le pays. Les Pentagon Papers étaient une telle étude commandée par Robert McNamara pour tenter de déterminer comment diable étions-nous entrés dans ce bourbier au Vietnam. Ainsi, alors que les Pentagon Papers étaient une révélation majeure pour le public, l’élite dirigeante savait déjà qu’elle ne pouvait pas gagner cette guerre. Cela ne l’a pas empêchée de continuer pendant quelques années encore.

DB : Vous écrivez dans le livre : ’Théoriser sur la guerre nucléaire était une sorte d’exercice de virtuose dans la création d’un monde imaginaire dans lequel toutes les déclarations doivent être cohérentes les unes avec les autres, mais rien ne doit être cohérent avec la réalité, car il n’y avait aucune réalité pour les valider’.

DJ : C’est la description par mon père de ce qu’ils faisaient. Il en était évidemment plus conscient que la plupart de ses collègues. Il connaissait bien Paul Nitze [2] qu’il trouvait personnellement sympathique. Mais il ne comprenait pas comment une personne aussi cultivée que Nitze pouvait être si aveugle sur l’Union soviétique, en pensant qu’ils voulaient sans cesse nous attaquer.

Aujourd’hui, nous voyons la même mentalité, des gens apparemment intelligents qui sont totalement paranoïaques envers la Russie. Vous savez, le mouvement contre la guerre pensait avoir appris quelque chose du Vietnam, mais c’est le Parti de la Guerre qui a appris à bien contrôler l’opposition. Aujourd’hui il n’y a plus d’opposition sérieuse à la guerre.

DB : Un des points importants soulignés dans votre livre est que, quoiqu’en disent les analystes, une guerre nucléaire entraîne une destruction mutuelle.

DJ : Parfois, les analystes l’ont reconnu dans le passé mais la planification continue. C’est de la folie. L’irréalisme de ce qui se passe au Pentagone trouve sa contrepartie dans à l’irréalisme que l’on constate maintenant dans les milieux dirigeants à Washington. Il y a la folie de la planification de guerre au Pentagone : ’Nous avons ces nouvelles armes merveilleuses, maintenant décidons comment les utiliser’. Et en même temps, une folie croissante a pris possession de la classe politique qui dit : ’Ouais, génial, on y va !’

C’est une situation incroyablement dangereuse et les gens semblent endormis. Nous avons vu des milliers de femmes dans les rues pour protester contre une remarque que Trump avait fait il y a onze ans, mais on ne dit rien pour empêcher que le monde n’explose d’une minute à l’autre. Il me semble qu’il y a une absence de priorités aux États-Unis chez ceux qui gardent un peu de santé morale.

DB : La première partie de votre livre est intitulée ’The World of Target Planning’.

DJ : Cela a commencé dans la Deuxième Guerre mondiale. A l’origine de sa carrière, mon père travaillait au ministère de l’Agriculture avec Henry Wallace, c’était le cœur du New Deal, ce qui comptait était d’aider les gens à vivre bien dans la paix. Après 1941, Wallace et mon père se trouvaient dans la guerre économique contre l’ennemi. Le pays n’en est jamais sorti.

La religion des États-Unis est devenue la destruction totale de l’ennemi. Avec nous, c’est toujours la capitulation inconditionnelle. Il ne suffit pas de vaincre un ennemi, il faut le détruire. Ceci est étroitement lié à la possession d’armes nucléaires, à l’idée de destruction totale plutôt qu’à une simple défaite. Ca fait partie de l’extrême arrogance intégrée dans la culture américaine : nous ne devons jamais perdre, nous devons toujours gagner. […]

Des études très importantes sur les bombardements stratégiques au cours de la Seconde Guerre mondiale ont conclu que ce n’était pas le bombardement stratégique qui a gagné la guerre. Cependant, ce mythe a été perpétué jusqu’à nos jours, que le bombardement stratégique gagne des guerres. Cela continue parce que l’armée de l’air a besoin de beaucoup d’argent pour continuer son business.

Au cours de la guerre du Vietnam, la question fut posée aux experts quant à savoir quel serait l’effet d’un bombardement du Nord. Ils ont conclu qu’il ne ferait que « ressouder l’ennemi contre nous ». Mais la Force aérienne voulait bombarder et a obtenu gain de cause. Ils voulaient participer à l’action. La politique de Washington joue un rôle très important dans le déclenchement de ces guerres. Donc, même lorsque les services de renseignement arrivent à produire quelque chose qui a du sens, c’est généralement ignoré.

Tout cela semblait diminuer un peu avec la reconnaissance de la notion de « destruction mutuelle assurée ». Le problème est que, depuis l’effondrement de l’Union soviétique, l’arrogance des États-Unis – qui a fait que Truman, par exemple, décide de larguer la bombe atomique sur le Japon après que le Japon ait déjà été vaincu – est de retour, de plus en plus radicale.

Lorsque Poutine, en 2007, a déclaré qu’il voulait un monde multipolaire plutôt qu’un monde unipolaire, alors la Russie et Poutine sont devenus l’ennemi. De plus, nous avons Dieu et le dollar de notre côté et nous pouvons faire n’importe quoi. Au cours de la guerre froide, il y avait une certaine prudence au sommet, chez Eisenhower et Kennedy. Aujourd’hui, toute prudence s’est évaporée. Quelqu’un comme Steven Cohen, par exemple, un authentique expert sur la Russie, est effectivement marginalisé parce qu’il n’est pas sur la ligne anti-russe. Quand le Président élu semble vouloir faire la paix avec Poutine, il est traité par les médias, les services de renseignement et même des membres de son propre parti comme un traitre en puissance.


DB : Il existe une section dans votre livre intitulé « Imagining Doomsday », qui décrit les efforts du Weapons Systems Evaluation Group pour étudier les implications des retombées radioactives. J’imagine qu’ils reviennent maintenant sur ces choses, c’est l’information qu’ils doivent avoir.

DJ : Eh bien, on suppose qu’ils sont en train de revoir les armes pour les rendre plus puissants et moins radioactives. Toutes ces activités sont liées à la mise en place d’un « bouclier » en Europe de l’Est, destiné à donner aux États-Unis une capacité de première frappe. Contrairement à ce qu’on prétend, le bouclier n’est pas destiné à nous protéger de l’agression russe, il est censé nous protéger contre les représailles russes. Ça ne marchera pas, mais c’est la dernière illusion.

Diana Johnstone

interviewée par Dennis Bernstein pour Consortium News

Traduction VD pour Le Grand Soir, révisée et légèrement amendée par l’interviewée.

https://www.legrandsoir.info/macron-face-a-la-nouvelle-guerre-froide-americaine-consortium-news.htmlhttps://www.legrandsoir.info/macron-face-a-la-nouvelle-guerre-froide-americaine-consortium-news.html

François Ruffin avait raison.

Nous republions dans ce lien notre billet à propos de la lettre ouverte de François Ruffin où il affirmait qu’Emmanuel Macron était haï.

Force est de reconnaître qu’il avait raison.

Même si nous n’utiliserons pas les mêmes mots que lui.

Sarkozy était clivant. Hollande était une synthèse étouffante, genre pantalon en tergal et chemise en nylon par 32°C à l’ombre. Emmanuel Macron lui crée du conflit, sur tout, pour son seul fugace bénéfice personnel.

L’exaspération, le bordel – désolé, pas d’autre mot – de partout,  à l’Elysée, au Gouvernement, à l’Assemblée (le plus grave de tous)  est tel que l’incident de cette députée qui s’est prise un coup de poing sur la tempe sur un marché à Bagneux est rendu possible. Alors que les français, dans les circonstances bien plus paroxystiques des attentats ont fait montre d’un calme sans faille (contrairement à nos politiques).
Agression d’une députée inacceptable, intolérable  mais prévisible, et ce n’est malheureusement à notre avis que le début de ce que nous n’appelons pas de nos vœux.

Voilà 6 mois que nous disons que les marcheurs ne pourront littéralement plus marcher dans la rue à partir de septembre: nous avons été optimistes.
Certaines attitudes, certains comportements appellent à des réactions inadmissibles mais prévisibles. Et l’incapacité à comprendre le pays, alliée à la constante poudre aux yeux communicationnelle et à la réelle incompétence et à l’incapacité à organiser et à coproduire ne fait qu’aggraver les choses.

Et surtout, que cette communication cesse, qui ne vise qu’à manipuler – ce dont tout le monde est conscient – alors que la communication a pour but de tenter de générer de l’adhésion, la plus large possible, et pour ceux qui n’adhèrent pas, l’acceptation.

Il va falloir qu’ils le comprennent: le « en même temps » ne peut exister que dans le conflit. Macron crée du conflit, avec tout le monde, dans tous les dossiers (voir nos amis transalpins avec STX. Jamais l’Italie, pays fondateur de l’Europe, ne fut traitée ainsi). Et il semble prendre plaisir  à humilier publiquement.
Pas bon, pas bon du tout.

 

Nous sommes très pessimistes.

https://groupedanalysemetropolitain.com/2017/07/30/francois-ruffin-avait-raison/

Rihanna plutôt que Mélanie, le choix politique des Macron

Ce qui est le plus effrayant c’est que partout le système est en train d’exploser. A force de gabegies, de laissez aller de corruption et mauvaise gestion, l’heure des comptes est proche. Et elle sera sanglante.

Mélanie est née sous une mauvaise étoile. En 2001, ce qui fait qu’elle a 16 ans aujourd’hui. Son père a plaqué sa mère très vite pour aller vivre en Allemagne avec sa nouvelle compagne. Il ne s’est jamais enquis de ce que devenait sa fille. L’enfance s’est donc passée sans père, jusqu’à que ce que sa mère victime d’un cancer quand elle avait 12 ans la quitte pour toujours. Orpheline et n’ayant pas de famille pour s’occuper d’elle, c’est l’Aide Sociale à l’Enfance, l’ASE qui l’a prise en charge. Vous savez ce service qui dépend du Conseil Général dont on vous dit en permanence qu’il dépense trop d’argent, qu’il ne sert à rien, qu’il a trop de fonctionnaires. Qu’il faut le supprimer très vite et en attendant réduire tous ces budgets. Celui de la protection de l’enfance qui est de sa compétence est déjà hypertendu, et le personnel qui tient le front de la misère commence vraiment à s’essouffler. Qu’à cela ne tienne, Bercy nous a bien dit que Merkel et Schäuble trouvent que les Français dépensent trop et qu’il faut faire des économies. C’est déjà difficile, ça va devenir intenable.

Peut-être que la sorcière qui s’est penchée sur le berceau de Mélanie a considéré qu’il valait mieux concentrer le malheur sur les mêmes et que statistiquement cela permettait d’en épargner d’autres. Elle a donc été placée dans une famille d’accueil agréé, dont le « père » âgé de 50 ans a commencé à la violer quand, même pas formée, elle en avait 13. Pour sa défense il dira bien sûr que c’est elle qui l’a séduit. Pardi depuis Polanski, tout le monde sait ça, une jeune fille de 13 ans c’est comme une adulte, ça adore les hommes de 50 ans ! Terrorisée la petite n’a jamais osé en parler. Jusqu’à ce que son premier flirt, rencontré au collège regarde en son absence les vidéos de son portable pour y découvrir les ébats que le cinquantenaire s’amusait à filmer. En larmes Mélanie qu’il interrogeait lui a tout raconté. Probablement contrarié le gamin accompagné d’une autre copine est allé mettre le feu à la voiture du violeur. Et s’est retrouvé en garde à vue, au cours de laquelle il a expliqué aux flics les raisons de cette nervosité. Classement sans suite bien sûr pour les petits justiciers courageux, et arrestation du violeur. Il a reconnu les faits, en précisant bien sûr que la petite l’avait provoqué. Poursuivi sur la base d’une qualification criminelle, il n’a jusqu’à présent pas fait un jour de prison.

Aujourd’hui c’était la confrontation indispensable à la procédure. Il fallait réunir Mélanie dans le bureau du juge d’instruction avec son tortionnaire, et raconter à nouveau en sa présence ce qu’il lui avait fait. Elle connaissait depuis trois mois la date de cette épreuve qu’elle redoutait atrocement. La voyant arriver avec une angoisse qui souvent la réveillait la nuit. Serrant la main de l’avocate que le département lui a désignée pour la défendre, faisant tout pour ne pas croiser le regard de l’autre, il a bien fallu entrer dans la fosse aux lions.

« Alors, comment ça s’est passé ?

•             Dur, très dur. Cela a duré deux heures, où il a fallu raconter tous les viols, décrire les endroits, les circonstances.

•             Et la petite ?

•             Collée derrière moi, elle n’a pas cessé de sangloter pendant les deux heures, sans lâcher ma main qu’elle broyait consciencieusement. La pauvre petite mère s’en est excusée après ainsi que d’avoir trempé ma robe. J’ai pu la faire sourire.

•             Et maintenant ?

•             C’est un peu le trou noir, car ayant 16 ans elle ne peut plus rester en foyer. Il faut donc lui trouver un hébergement en semi-autonome, il n’y a guère de place et sa référente qui devrait s’en occuper est en congé maternité. Elle avait fait une première année de CAP de coiffure qui s’était très bien passée. Mais le problème pour accéder à la deuxième année, c’est qu’il faut savoir où elle va habiter, et comment le coût sera pris en charge. Il y en a quand même pour 7000 € ! Et la prise en charge par le Conseil Général n’est pas assurée car les budgets sont complètement à marée basse. »

Ce genre de séquence, pour ceux qui s’occupent de la protection de l’enfance, c’est tous les jours. 70 % des violences que subissent les enfants ont un caractère sexuel, le reste étant des violences physiques. Et ce n’est pas du misérabilisme que de décrire ce qui se passe sur le front, et ce que font ceux qui essaient de le tenir, avec souvent, pour les assistantes sociales en particulier, un dévouement sans bornes. Et de dire leur chagrin de ne plus être là que pour colmater.

Et je ne m’essaierai pas à leur répondre qu’il faut penser printemps, que Jupiter se préoccupe tellement de la misère que lui et Madame ont reçu à l’Élysée en grande pompe un certain Bono pour « lutter contre la misère dans le monde », et dans une même grande pompe la chanteuse Rihanna pour parler de « la protection des enfants ». Pendant que les petits valets de Bercy asphyxient les institutions qui ont en charge le social. Je risquerais d’être mal reçu.

Emmanuel Macron et son épouse ne savent même pas que l’ASE existe et il ne leur viendrait pas à l’idée, plutôt que de recevoir des saltimbanques douteux, d’aller faire un saut sur le terrain.

Entre Mélanie et Rihanna, les Macron ont choisi Rihanna. Ce n’est pas autre chose qu’un choix politique.

 

NB: L’histoire de Mélanie est vraie. Son prénom, les lieux et certains détails ont été modifiés. La confrontation s’est bien déroulée aujourd’hui 25 juillet 2017.

Le ministre de l’éducation nationale perçoit Brigitte Macron comme « la prof idéale »

C’est dans une classe, face à ses élèves que l’on juge la qualité d’un enseignant, pas à sa façon de se présenter devant les médias. Une telle déclaration est surprenante de la part d’un ministre de l’EN parce qu’elle laisse supposer plus un désir de plaire au monarque qu’à réfléchir à sa fonction

Ça aime se congratuler entre eux , chez en marche !

23/07/2017 à 15h31

 

 

Brigitte Macron lors du G20  Hambourg, en Allemagne, le 8 juillet 2017

Dans un portrait que lui consacre Le Journal du dimanche, Jean-Michel Blanquer loue les nombreuses qualités du couple Macron, tout en assurant « ne pas aimer se mettre en position de groupie ».