Corée du Nord : Trump se dit prêt à frapper, Pyongyang évoque une « guerre nucléaire »

Il ne s’agit pas de jouer les pacifistes mais tout simplement de s’apercevoir que lorsque des fous sont à la tête d’un pays ils sont capables d’embraser le monde et de le détruire. Je crois qu’avec ces loustics la planète et ses habitants ont du soucis à se faire et ceci sans tomber dans le catastrophisme.

Corée du Nord : Trump se dit prêt à frapper, Pyongyang évoque une "guerre nucléaire"
Donald Trump le 10 août 2017 lors d’un briefing de sécurité. ((Nicholas Kamm / AFP))

L’escalade verbale entre Washington et Pyongyang s’enveniment en dépit des appels à la retenue de la Chine.

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Il n’y a personne pour éteindre le « feu et la fureur ». Et l’inquiétude internationale grandit. Donald Trump a proféré de nouvelles menaces contre la Corée du Nord, ce vendredi 11 août. L’escalade verbale entre Washington et Pyongyang s’enveniment en dépit des appels à la retenue de la Chine.

« Les solutions militaires sont maintenant complètement en place, et prêtes à l’emploi, si la Corée du Nord se comporte imprudemment », a déclaré le président américain sur son compte Twitter, une fois de plus.

« J’espère que Kim Jong-Un trouvera une autre voie ! »

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« Odieux fanatique de la guerre nucléaire »

Pyongyang, dans le même temps, qualifiait Donald Trump d' »odieux fanatique de la guerre nucléaire » par la voix de l’agence officielle nord-coréenne KCNA. Et d’ajouter :

« Trump est en train de mener la situation dans la péninsule coréenne au bord d’une guerre nucléaire« .

Face à une surenchère sans précédent entre Washington et Pyongyang, la Chine a tenté

 

« Nous appelons toutes les parties à faire preuve de prudence dans leurs mots et leurs actions, et à agir davantage pour apaiser les tensions », a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Comment éviter la guerre avec la Corée du Nord ?

La Russie « très inquiète »

Cette montée des tensions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord pèse sur les marchés financiers et inquiète de nombreux dirigeants mondiaux. « Je ne vois pas de solution militaire à ce conflit », a mis en garde vendredi la chancelière allemande Angela Merkel.

La nervosité a également gagné Moscou où le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est dit « très inquiet » des risques de conflit « très élevés » entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.

Loin de chercher l’apaisement, le président américain a au contraire multiplié ces derniers jours les déclarations bellicistes. Jeudi, Donald Trump a défendu sa formule controversée promettant « le feu et la colère » à Pyongyang estimant qu’elle n’était « peut-être pas assez dure ». Depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il passe des vacances, Potus assure : .

« Si la Corée du Nord fait quoi que ce soit – ne serait-ce qu’en songeant à attaquer des gens que nous aimons, ou nos alliés, ou nous-mêmes – ils devront vraiment s’inquiéter ».

Un responsable de la Maison-Blanche a toutefois indiqué qu’il ne fallait pas voir dans les propos de Donald Trump le signe d’une action militaire imminente.

« Il y a des plans militaires pour à peu près toutes les crises du globe […] Ces plans sont continuellement mis à jour et présentent des options au président. Il n’y a rien de nouveau », a dit ce responsable sous couvert d’anonymat.

Corée du Nord : quelles sont les options militaires de Donald Trump ?

L’armée américaine « prête à combattre »

L’armée américaine a indiqué vendredi être « prête à combattre » si le président américain en donnait l’ordre.

« Nous maintenons un état de préparation optimum pour faire face à la menace nord-coréenne conjointement avec nos alliés et partenaires dans la région », a déclaré le porte-parole du Pentagone, le colonel Rob Manning à l’AFP.

Face au changement de ton à Washington, la Corée du Nord a menacé de lancer une attaque contre l’île américaine de Guam, avant-poste stratégique des forces américaines dans le Pacifique.

Ile de Guam : « On aurait 40 minutes avant qu’un missile nord-coréen nous touche »

L’armée doit présenter au jeune dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un un plan d’offensive contre Guam d’ici la mi-août, selon les militaires nord-coréens.

Quatre missiles seront tirés simultanément, a expliqué l’armée. Les engins, passant au-dessus du Japon, « voleront 17 minutes et 45 secondes sur une distance de 3.356,7 km, et s’écraseront en mer à 30 ou 40 km de Guam ». Ils s’abîmeraient ainsi à l’extérieur des eaux territoriales américaines.

Pour Donald Trump, la Chine « doit faire plus »

Selon les analystes, des tirs vers Guam placeraient Washington dans une position délicate : si les Etats-Unis ne tentaient pas de les intercepter, leur crédibilité en prendrait un coup et Pyongyang se sentirait pousser des ailes pour mener un test d’ICBM grandeur nature.

Donald Trump s’est également une nouvelle fois montré agacé par l’attitude de la Chine, principal partenaire économique de Pyongyang, qui doit « faire beaucoup plus » pour mettre la pression sur son turbulent voisin. « Cela ne va pas continuer comme ça », avait-il tonné jeudi.

Pékin prône une résolution « négociée » du dossier nord-coréen, renvoyant dos à dos Washington et Pyongyang.

Le Chine avait ainsi proposé à plusieurs reprises, pour désamorcer la crise, un double « moratoire »: l’arrêt simultané des essais nucléaires et balistiques nord-coréens d’une part et celui des manoeuvres militaires conjointes des Etats-Unis et de la Corée du Sud d’autre part.

La Chine a également approuvé samedi à l’ONU une septième volée de sanctions économiques internationales contre la Corée du Nord, en réponse au tir par ce pays de tirs de missiles intercontinentaux. Ces sanctions étaient proposées par Washington, mais Donald Trump a dit craindre que leur effet ne soit limité.

Avec AFP

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20170811.OBS3302/coree-du-nord-trump-se-dit-pret-a-frapper-pyongyang-evoque-une-guerre-nucleaire.htmlhttp://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20170811.OBS3302/coree-du-nord-trump-se-dit-pret-a-frapper-pyongyang-evoque-une-guerre-nucleaire.html

L’establishment US contre le reste du monde

La guerre s’avive, l’état profond contre les intérêts du monde.
Que feront les marionnettes, suivront elles le maître au détriment de leurs propres industries.

La classe dirigeante états-unienne s’estime menacée par les changements internationaux impulsés par le président Trump. Elle vient de se coaliser pour le placer sous la tutelle du Congrès. Dans une loi votée à la quasi-unanimité, elle a instauré des sanctions contre la Corée du Nord, l’Iran et la Russie et a cassé les investissements de l’Union européenne et de la Chine. Il s’agit pour elle de stopper la politique de coopération et de développement du président et de revenir à la doctrine Wolfowitz de confrontation et de suzeraineté.

| Beyrouth (Liban) | 1er août 2017

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C’est un scandale sans précédent. Le secrétaire général de la Maison-Blanche, Reince Priebus, faisait partie du complot chargé de déstabiliser le président Trump et de préparer sa destitution. Il alimentait les fuites quotidiennes qui perturbent la vie politique états-unienne, notamment celles sur la prétendue collusion entre l’équipe Trump et le Kremlin [1]. En le renvoyant, le président Trump est entré en conflit avec l’establishment du Parti républicain, dont Priebus est l’ancien président.

Observons au passage qu’aucune de ces fuites sur les agendas et les contacts des uns et des autres n’a apporté la moindre preuve des allégations avancées.

La réorganisation de l’équipe Trump qui s’en est suivie s’est faite exclusivement au détriment de personnalités républicaines et au profit des militaires opposés à la tutelle de l’État profond. L’alliance qui avait été conclue contre mauvaise fortune bon cœur par le Parti républicain avec Donald Trump lors de la convention d’investiture, le 21 juillet 2016, est morte. On se retrouve donc avec l’équation de départ : d’un côté le président outsider de « l’Amérique profonde », de l’autre, toute la classe dirigeante de Washington soutenue par l’État profond (c’est-à-dire par la partie de l’administration chargée de la continuité de l’État au delà des alternances politiques).

À l’évidence cette coalition est soutenue par le Royaume-Uni et Israël.

Ce qui devait arriver arriva : les leaders démocrates et républicains se sont entendus pour contrecarrer la politique étrangère du président Trump et préserver leurs avantages impériaux.

Pour ce faire, ils ont adopté au Congrès une loi de 70 pages instaurant officiellement des sanctions contre la Corée du Nord, contre l’Iran et contre la Russie [2]. Ce texte impose unilatéralement à tous les autres États du monde de respecter ces interdictions commerciales. Ces sanctions s’appliquent donc tout autant à l’Union européenne et à la Chine qu’aux États officiellement ciblés.

Seuls cinq parlementaires se sont désolidarisés de cette coalition et ont voté contre cette loi : les représentants Justin Amash, Tom Massie et Jimmy Duncan, et les sénateurs Rand Paul et Bernie Sanders.

Des dispositions de cette loi interdisent plus ou moins à l’Exécutif d’assouplir ces interdictions commerciales, sous quelque forme que ce soit. Donald Trump est théoriquement pieds et poings liés. Certes, il pourrait opposer son veto, mais selon la Constitution, il suffirait au Congrès de revoter le texte dans les mêmes termes pour pouvoir l’imposer au président. Celui-ci le signera donc sans s’imposer le camouflet d’être mis au pas par le Congrès. Dans les prochains jours va débuter une guerre inédite.

Les partis politiques US entendent casser la « doctrine Trump » selon laquelle les États-Unis doivent se développer plus vite que les autres pour conserver le leadership mondial. Ils entendent au contraire rétablir la « doctrine Wolfowitz » de 1992, selon laquelle Washington doit conserver son avance sur le reste du monde en ralentissant le développement de tout compétiteur potentiel [3].

Paul Wolfowitz est un trotskiste qui s’était mis au service du président républicain Bush père pour lutter contre la Russie. Il devint secrétaire adjoint à la Défense, dix ans plus tard, sous Bush fils, puis président de la Banque mondiale. L’année dernière, il apporta son soutien à la démocrate Hillary Clinton. En 1992, il avait écrit que le plus dangereux compétiteur des États-Unis était l’Union européenne et que Washington devait la détruire politiquement, voire économiquement.

La loi remet en cause tout ce que Donald Trump a accompli durant les six derniers mois, notamment la lutte contre les Frères musulmans et leur organisations jihadistes, la préparation de l’indépendance du Donbass (Malorossiya), et le rétablissement de la route de la soie.

En première rétorsion, la Russie a demandé à Washington de réduire le personnel de son ambassade à Moscou au niveau de celui de sa propre ambassade à Washington, c’est-à-dire à 455 personnes, expulsant 755 diplomates. De la sorte, Moscou entend rappeler que s’il a interféré dans la politique US, c’est sans commune mesure avec l’importance de l’ingérence US dans sa propre vie politique.

À ce propos, ce n’est que le 27 février dernier que le ministre de la Défense, Sergeï Choïgou annonçait à la Douma que les Armées russes sont désormais capables elles aussi d’organiser des « révolutions colorées », avec 28 ans de retard sur les États-Unis.

Les Européens réalisent avec stupeur que leurs amis de Washington (les démocrates Obama et Clinton, les républicains McCain et McConnell) viennent de stopper net tout espoir de croissance dans l’Union. Le choc est certainement rude, pourtant ils n’ont toujours pas admis que le prétendument « imprévisible » Donald Trump est en réalité leur meilleur allié. Complètement sonnés par ce vote, survenu pendant leurs vacances d’été, les Européens se sont mis en mode attente.

Sauf réaction immédiate, les sociétés qui ont investi dans la solution de la Commission européenne à l’approvisionnement énergétique de l’Union sont ruinées. Wintershall, E.ON Ruhrgas, N. V. Nederlandse Gasunie, et Engie (ex-GDF Suez) se sont engagées dans le doublement du gazoduc North Stream, désormais interdit par le Congrès. Ils perdent non seulement le droit de concourir à des appels d’offres US, mais tous leurs avoirs aux États-Unis. Ils sont interdits d’accès aux banques internationales et ne peuvent poursuivre leurs activités hors de l’Union.

Pour le moment, seul le gouvernement allemand a exprimé son désarroi. On ignore s’il parviendra à convaincre ses partenaires européens et à dresser l’Union contre son suzerain US. Jamais une telle crise n’est survenue et par conséquent il n’existe aucun élément de référence pour anticiper la suite des événements. Il est probable que certains États membres de l’Union défendront les intérêts US, tels que pensés par le Congrès, contre leurs partenaires européens.

Les États-Unis, comme tout État, peuvent interdire à leurs sociétés de commercer avec des États étrangers et à des sociétés étrangères de commercer avec eux. Mais, selon la Charte des Nations Unies, ils ne peuvent imposer leurs propres choix en la matière à leurs alliés et partenaires. C’est pourtant ce qu’ils ont fait depuis leurs sanctions contre Cuba. À l’époque, sous l’impulsion de Fidel Castro —qui n’était pas communiste—, le Gouvernement cubain avait lancé une réforme agraire à laquelle Washington entendait s’opposer [4]. Les membres de l’Otan, qui n’avaient que faire de cette petite île des Caraïbes, suivirent donc le mouvement. Progressivement, l’Occident, imbu de lui-même, a considéré comme normal d’affamer les États qui résistaient à leur puissant suzerain. Voici que pour la première fois, l’Union européenne est touchée par le système qu’elle a aidé à mettre en place.

Plus que jamais, le conflit Trump/Establishment prend une forme culturelle. Il oppose les descendants des immigrés à la recherche du « rêve américain » à ceux des puritains du Mayflower [5]. D’où, par exemple, la dénonciation par la presse internationale du langage vulgaire du nouveau responsable de la communication de la Maison-Blanche, Anthony Scaramucci. Jusqu’ici Hollywood s’accommodait parfaitement des manières des hommes d’affaire new-yorkais, mais soudainement ce langage de charretier est présenté comme incompatible avec l’exercice du Pouvoir. Seul le président Richard Nixon s’exprimait ainsi. Il fut contraint à la démission par le FBI qui organisa le scandale du Watergate contre lui. Pourtant chacun s’accorde à reconnaître qu’il fut un grand président, mettant fin à la guerre du Vietnam et rééquilibrant les relations internationales avec la Chine populaire face à l’URSS. Il est étonnant de voir la presse de la vieille Europe reprendre l’argument puritain, religieux, contre le vocabulaire de Scaramucci pour juger de la compétence politique de l’équipe Trump ; et le président Trump lui-même le renvoyer à peine nommé.

Derrière ce qui peut apparaître n’être qu’une lutte de clans se joue l’avenir du monde. Soit des relations de confrontation et de domination, soit de coopération et de développement.

[1] “State Secrets : How an Avalanche of Media Leaks is Harming National Security”, Senate Homeland Security and Governmental Affairs Committee, July 6, 2017.

[2] H.R.3364 – Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act

[3] « US Strategy Plan Calls For Insuring No Rivals Develop », Patrick E. Tyler, New York Times, March 8, 1992. Le quotidien publie également de larges extraits du rapport secret de Wolfowitz en page 14 : « Excerpts from Pentagon’s Plan : « Prevent the Re-Emergence of a New Rival » ». Des informations supplémentaires sont apportées dans « Keeping the US First, Pentagon Would preclude a Rival Superpower » Barton Gellman, The Washington Post, March 11, 1992.

[4] « El robo más largo de la historia cometido por un país contra otro », por Jorge Wejebe Cobo, Agencia Cubana de Noticias , Red Voltaire , 19 de julio de 2017.

[5] « Les États-Unis vont-ils se réformer ou se déchirer ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 octobre 2016.

http://www.voltairenet.org/article197281.htmlhttp://www.voltairenet.org/article197281.html

Macron face à la nouvelle guerre froide américaine (Consortium News)

Si vous comptez sur macron, considérez d’ores et déjà que c’est mort.

Diana JOHNSTONE

Le président français, Emmanuel Macron, s’est positionné comme un éventuel arbitre pour faciliter une réduction des tensions entre les États-Unis et la Russie, une démarche qui a du sens pour la France, mais qui peut provoquer les faucons officiels de Washington qui veulent intensifier la nouvelle guerre froide.

(Dennis Bernstein : ) 
J’ai interviewé la journaliste et historienne Diana Johnstone basée à Paris sur la récente visite de Trump à Paris. Johnstone est la co-auteur de From MAD to Madness : Inside the Pentagon’s Nuclear War Planning Machine [1], les mémoires de son père, Paul H. Johnstone, en tant qu’analyste principal du Groupe d’évaluation des armes stratégiques du Pentagone et co-auteur des Pentagon Papers. Je lui ai parlé par téléphone en France le 19 juillet.

* * *

Dennis Bernstein : Diana, quelle est votre réaction à la récente visite de Trump à Paris pour rencontrer Emmanuel Macron ?

Diana Johnstone : Eh bien, tout d’abord, il est clair qu’Emmanuel Macron a vu un avantage à être le seul ami d’un Trump dramatiquement isolé. Cette amitié pourrait renforcer la position de Macron dans ses relations avec l’Allemagne, la principale tâche de son mandat consistant à influencer l’Allemagne dans l’évolution de la politique de l’UE.

De plus, Macron est en mesure d’être un intermédiaire dans ce rapprochement entre Trump et Poutine, ce que bien sûr le Parti de la Guerre à Washington fait tout pour empêcher. Macron s’est donc placé dans une position intéressante.

Je pense que tous les quatre candidats en tête à la récente élection française auraient suivi la même voie, les autres probablement de manière plus résolue. C’était tout à fait dans l’intérêt de la France de changer sa politique étrangère. Les intellectuels qui s’occupent sérieusement, diplomates et autres, de la politique étrangère se rendent compte que cette politique visant le changement de régime en Syrie ne fonctionne pas et, en même temps, que les sanctions contre la Russie sont très nocives pour les économies française et européenne, alors qu’elles profitent aux États-Unis. Ce que Macron fait est donc sans doute ce que l’establishment français devait faire, quel que soit le candidat élu.

DB : Quelle est votre analyse sur cette folie du Russia-Gate ?

DJ : Eh bien, je ne suis pas psychiatre, mais vu d’ici en Europe, ce qui se passe est incroyable. Je viens de voir l’interview de Tucker Carlson avec Max Boot sur Fox News. Ce néoconservateur délirant de haine anti-russe est membre du Council of Foreign Relations [Conseil des Relations Extérieures], autrefois un cénacle de l’élite, alors qu’il devrait être sous traitement psychiatrique.

Bien sûr, la machine Clinton a pris le contrôle du Parti Démocrate et l’a transformé en Parti de la Guerre. Quel mal y a-t-il à parler à des étrangers ? L’idée même que parler aux Russes puisse constituer un acte de traîtrise est complètement insensée. À tout moment de l’histoire, même lorsque les gouvernements étaient réellement en guerre entre eux, ils maintenaient une sorte de contact, ne serait-ce que pour des raisons évidentes de renseignements.
 Maintenant, on ne veut rien savoir.

Essayer de criminaliser et d’interdire tout contact à un niveau plus ou moins officiel avec les Russes va au-delà de la pratique diplomatique traditionnelle, même en temps de guerre. Je pense que le problème à Washington est qu’il y sévit un véritable Parti de la Guerre prêt à aller jusqu’à la guerre nucléaire pour empêcher que la Russie puisse mettre en question l’hégémonie américaine.

DB : La grande histoire au G-20 était que Trump parlait à Poutine et devait donc être inculpé pour trahison, lui et toute sa famille.

DJ : Je suis sûre que les Russes en tirent la conclusion que nous allons vers la guerre. Que peuvent-ils comprendre d’autre ? Nous faisons tout pour convaincre les Russes que nous nous préparons à leur faire la guerre, quel qu’en soit le prix. Bien sûr, cela les oblige à renforcer leurs capacités militaires afin de pouvoir réagir. Poutine a constamment fait des gestes amicaux envers les États-Unis et ils ont simplement été ignorés. La seule explication possible est que nous sommes irrévocablement hostiles.

Rappelons qu’en 2013, Obama s’est retrouvé coincé par sa rhétorique sur la ’ligne rouge’, ayant promis que les États-Unis frapperaient la Syrie en cas d’utilisation d’armes chimiques. Naturellement, les médias occidentaux se pressaient de blâmer Assad, alors que depuis il a été bien établi par des enquêteurs très sérieux, dont Seymour Hersh, que cette utilisation d’armes chimiques n’était qu’une opération sous fausse bannière, visant à provoquer l’intervention américaine directe.

Avec beaucoup de tact, les diplomates russes ont proposé de sortir de l’impasse en organisant une opération internationale pour déposséder la Syrie de son arsenal chimique. Cela a très bien marché, offrant une illustration des bienfaits potentiels d’une coopération entre Moscou et Washington. Cette belle réussite prometteuse est tombée dans le trou noir de l’inconscience occidentale. Maintenant, tout le monde au sein de l’OTAN déplore « la faiblesse » d’Obama qui a raté l’occasion de bombarder Damas, en tirant la conclusion qu’il faut réagir de manière « plus forte ».

DB : Quel est votre avis sur la récente réunion du G-20 à Hambourg et la réponse populaire ? 

DJ : Je ne pense pas que cette réponse ait été très bien réfléchie. Beaucoup ne se rendent pas compte que le G-20 est, en réalité, un pas vers une réduction de la domination occidentale, car il comprend des nations non-occidentales très peuplées – la Russie, la Chine, l’Indonésie, etc. La réaction de la rue était très simpliste : « Ils sont le pouvoir et nous sommes contre. » Aucun discernement entre différents problèmes. Les violences ont éclipsé l’importance de la rencontre entre Poutine et Trump. Cette manifestation de rage populaire ne s’exprimait pas contre les multiples gestes belliqueux des dirigeants occidentaux mais contre une réunion qui essayait d’améliorer la communication internationale.

DB : Que pensez-vous de la controverse autour de l’Union européenne et du rôle de la France ?


DJ : l’Union européenne est totalement déséquilibrée parce que l’Allemagne est maintenant une nation exportatrice à faible coût du travail, qui maintient un déséquilibre commercial important avec ses partenaires. Deux des autres candidats en tête dans la course à la présidence française étaient très critiques de l’UE et ont même laissé planer la possibilité d’une sortie de l’euro.

Macron a été mis en place par l’establishment pour sauver l’Union européenne. Il est clair que la mission de Macron est de persuader les Allemands d’adopter une politique qui permettra aux autres pays de se développer économiquement au lieu d’être étranglés comme ils le sont actuellement. Je ne sais pas s’il réussira, mais c’est une des raisons pour lesquelles il veut que Trump et Poutine soient de son côté, pour remplacer Merkel en tant que figure dominante dans l’UE.

DB : Vous venez de sortir un livre incroyablement important intitulé From Mad to Madness : Inside the Pentagon’s Nuclear War Planning Machine. Votre père, Paul H. Johnstone, était analyste principal du Groupe d’évaluation des armes stratégiques au Pentagone. Vous avez repris les mémoires et commentaires qu’il a écrits sur le sujet. Lorsque Daniel Ellsberg a publié les Pentagon Papers, il a fait une chose d’une énorme importance. Mais ce n’est pas lui qui a écrit les Pentagon Papers, ils l’ont été par des planificateurs de la guerre. Votre père en était l’un des co-auteurs. Pouvez-vous décrire le travail de votre père pour le Pentagone ?

DJ : Un projet qu’il avait initié s’appelait « les études d’incidents critiques », qui visait à informer les dirigeants sur le vrai déroulement de situations de crise, qui échappent aux prévisions. Deux de ces études de crise sont dans le livre, l’une porte sur le Laos et l’autre sur la crise de Berlin. Fait intéressant, la sécurité était tellement draconienne qu’il n’avait plus accès à ses propres analyses, et a dû les réécrire de mémoire. Fondamentalement, son idée était d’essayer d’éduquer ces dirigeants sur les incertitudes liées à leurs décisions.

Voyez-vous, le Pentagone dresse des plans d’intervention militaire en tous genres, pour répondre aux crises théoriques, mais les dirigeants n’ont le temps de lire que des résumés, qui essaient généralement de présenter un côté positif et de faire valoir que « en tout cas, les Etats-Unis seront victorieux ». En fait, les dirigeants au sommet ne comprennent pas très bien vers quoi ils risquent d’entraîner le pays. Les Pentagon Papers étaient une telle étude commandée par Robert McNamara pour tenter de déterminer comment diable étions-nous entrés dans ce bourbier au Vietnam. Ainsi, alors que les Pentagon Papers étaient une révélation majeure pour le public, l’élite dirigeante savait déjà qu’elle ne pouvait pas gagner cette guerre. Cela ne l’a pas empêchée de continuer pendant quelques années encore.

DB : Vous écrivez dans le livre : ’Théoriser sur la guerre nucléaire était une sorte d’exercice de virtuose dans la création d’un monde imaginaire dans lequel toutes les déclarations doivent être cohérentes les unes avec les autres, mais rien ne doit être cohérent avec la réalité, car il n’y avait aucune réalité pour les valider’.

DJ : C’est la description par mon père de ce qu’ils faisaient. Il en était évidemment plus conscient que la plupart de ses collègues. Il connaissait bien Paul Nitze [2] qu’il trouvait personnellement sympathique. Mais il ne comprenait pas comment une personne aussi cultivée que Nitze pouvait être si aveugle sur l’Union soviétique, en pensant qu’ils voulaient sans cesse nous attaquer.

Aujourd’hui, nous voyons la même mentalité, des gens apparemment intelligents qui sont totalement paranoïaques envers la Russie. Vous savez, le mouvement contre la guerre pensait avoir appris quelque chose du Vietnam, mais c’est le Parti de la Guerre qui a appris à bien contrôler l’opposition. Aujourd’hui il n’y a plus d’opposition sérieuse à la guerre.

DB : Un des points importants soulignés dans votre livre est que, quoiqu’en disent les analystes, une guerre nucléaire entraîne une destruction mutuelle.

DJ : Parfois, les analystes l’ont reconnu dans le passé mais la planification continue. C’est de la folie. L’irréalisme de ce qui se passe au Pentagone trouve sa contrepartie dans à l’irréalisme que l’on constate maintenant dans les milieux dirigeants à Washington. Il y a la folie de la planification de guerre au Pentagone : ’Nous avons ces nouvelles armes merveilleuses, maintenant décidons comment les utiliser’. Et en même temps, une folie croissante a pris possession de la classe politique qui dit : ’Ouais, génial, on y va !’

C’est une situation incroyablement dangereuse et les gens semblent endormis. Nous avons vu des milliers de femmes dans les rues pour protester contre une remarque que Trump avait fait il y a onze ans, mais on ne dit rien pour empêcher que le monde n’explose d’une minute à l’autre. Il me semble qu’il y a une absence de priorités aux États-Unis chez ceux qui gardent un peu de santé morale.

DB : La première partie de votre livre est intitulée ’The World of Target Planning’.

DJ : Cela a commencé dans la Deuxième Guerre mondiale. A l’origine de sa carrière, mon père travaillait au ministère de l’Agriculture avec Henry Wallace, c’était le cœur du New Deal, ce qui comptait était d’aider les gens à vivre bien dans la paix. Après 1941, Wallace et mon père se trouvaient dans la guerre économique contre l’ennemi. Le pays n’en est jamais sorti.

La religion des États-Unis est devenue la destruction totale de l’ennemi. Avec nous, c’est toujours la capitulation inconditionnelle. Il ne suffit pas de vaincre un ennemi, il faut le détruire. Ceci est étroitement lié à la possession d’armes nucléaires, à l’idée de destruction totale plutôt qu’à une simple défaite. Ca fait partie de l’extrême arrogance intégrée dans la culture américaine : nous ne devons jamais perdre, nous devons toujours gagner. […]

Des études très importantes sur les bombardements stratégiques au cours de la Seconde Guerre mondiale ont conclu que ce n’était pas le bombardement stratégique qui a gagné la guerre. Cependant, ce mythe a été perpétué jusqu’à nos jours, que le bombardement stratégique gagne des guerres. Cela continue parce que l’armée de l’air a besoin de beaucoup d’argent pour continuer son business.

Au cours de la guerre du Vietnam, la question fut posée aux experts quant à savoir quel serait l’effet d’un bombardement du Nord. Ils ont conclu qu’il ne ferait que « ressouder l’ennemi contre nous ». Mais la Force aérienne voulait bombarder et a obtenu gain de cause. Ils voulaient participer à l’action. La politique de Washington joue un rôle très important dans le déclenchement de ces guerres. Donc, même lorsque les services de renseignement arrivent à produire quelque chose qui a du sens, c’est généralement ignoré.

Tout cela semblait diminuer un peu avec la reconnaissance de la notion de « destruction mutuelle assurée ». Le problème est que, depuis l’effondrement de l’Union soviétique, l’arrogance des États-Unis – qui a fait que Truman, par exemple, décide de larguer la bombe atomique sur le Japon après que le Japon ait déjà été vaincu – est de retour, de plus en plus radicale.

Lorsque Poutine, en 2007, a déclaré qu’il voulait un monde multipolaire plutôt qu’un monde unipolaire, alors la Russie et Poutine sont devenus l’ennemi. De plus, nous avons Dieu et le dollar de notre côté et nous pouvons faire n’importe quoi. Au cours de la guerre froide, il y avait une certaine prudence au sommet, chez Eisenhower et Kennedy. Aujourd’hui, toute prudence s’est évaporée. Quelqu’un comme Steven Cohen, par exemple, un authentique expert sur la Russie, est effectivement marginalisé parce qu’il n’est pas sur la ligne anti-russe. Quand le Président élu semble vouloir faire la paix avec Poutine, il est traité par les médias, les services de renseignement et même des membres de son propre parti comme un traitre en puissance.


DB : Il existe une section dans votre livre intitulé « Imagining Doomsday », qui décrit les efforts du Weapons Systems Evaluation Group pour étudier les implications des retombées radioactives. J’imagine qu’ils reviennent maintenant sur ces choses, c’est l’information qu’ils doivent avoir.

DJ : Eh bien, on suppose qu’ils sont en train de revoir les armes pour les rendre plus puissants et moins radioactives. Toutes ces activités sont liées à la mise en place d’un « bouclier » en Europe de l’Est, destiné à donner aux États-Unis une capacité de première frappe. Contrairement à ce qu’on prétend, le bouclier n’est pas destiné à nous protéger de l’agression russe, il est censé nous protéger contre les représailles russes. Ça ne marchera pas, mais c’est la dernière illusion.

Diana Johnstone

interviewée par Dennis Bernstein pour Consortium News

Traduction VD pour Le Grand Soir, révisée et légèrement amendée par l’interviewée.

https://www.legrandsoir.info/macron-face-a-la-nouvelle-guerre-froide-americaine-consortium-news.htmlhttps://www.legrandsoir.info/macron-face-a-la-nouvelle-guerre-froide-americaine-consortium-news.html

Menace de guerre contre la Corée du Nord

C’est la force irrésistible de la puissance mondiale, facteur essentiel de son hégémonie que de plonger, avec l’aide du système mondial d’information, les milliards de terriens dans cet état perpétuel d’angoisse et de menace à venir, le plus souvent celle du déclenchement d’une nouvelle guerre mondiale. Ce qui pour J. Derrida définit précisément la terreur, la menace du pire à venir et pour Sloterdijk ce qui constitue le meilleur moyen « d’étouffer autant que possible le moindre germe de nouvelle formations d’opposition intracapitaliste face aux inégalités sociales croissantes ».

1er juillet 2017

Bruno GUIGUE

Après son entretien avec le nouveau président sud-coréen Moon Jae-in, le 30 juin, Donald Trump a encore durci le ton contre la Corée du Nord. « La patience stratégique avec le régime nord-coréen est terminée. Ensemble, nous faisons face à la menace du régime dangereux et brutal de Corée du Nord. Les programmes nucléaire et balistique de ce ce régime exigent une réponse déterminée », a déclaré le président américain. Pour la première fois, Washington a également annoncé des sanctions contre une banque chinoise accusée de coopérer avec Pyongyang.

Si la fonction des médias dominants est de substituer l’imaginaire à la réalité, la représentation occidentale de la Corée du Nord n’échappe pas à la règle. Vu de l’Ouest, il est vrai que Pyongyang fait figure d’accusé idéal. Cette « monarchie rouge », ce « régime ubuesque », ce « goulag asiatique » réunit les stigmates de tout ce que l’homo occidentalis est censé détester. Désigné par les grands prêtres du droit-de-l’hommisme comme l’incarnation du Mal, cet Etat honni ferait peser, selon le secrétaire d’Etat US Rex Tillerson, « la pire des menaces sur la paix mondiale ».

Mais de quelle menace s’agit-il ? Depuis son entrée fracassante dans le club des puissances nucléaires, en octobre 2006, la Corée du Nord est mise au ban des nations. Contre ce petit pays, la « communauté internationale » phagocytée par Washington a mobilisé les grands moyens. Résolutions onusiennes, sanctions économiques et manœuvres militaires se succèdent, sans relâche, pour isoler le régime fautif. Rangée par les USA dans la catégorie des « Etats voyous », la République populaire démocratique de Corée est dans la ligne de mire.

La propagande occidentale dépeint Kim Jong-un comme un tyran sanguinaire faisant joujou avec la bombe, mais cette caricature peine à masquer la réalité des rapports de force. Inutile d’être un grand expert, en effet, pour comprendre que la stratégie nucléaire nord-coréenne est purement défensive. Dissuasion du faible au fort, sa finalité est d’exposer l’agresseur à des représailles, et non de prendre l’initiative des hostilités. Les Nord-Coréens veulent échapper au sort de l’Irak et de la Libye, pulvérisés par les USA et leurs supplétifs pour avoir le bonheur de goûter les bienfaits de la démocratie importée manu militari.

Le bellicisme prêté à Pyongyang, en réalité, relève d’une inversion accusatoire dont le soi-disant « monde libre » est coutumier. Prompts à donner des leçons de morale, les USA sont les seuls à avoir utilisé l’arme nucléaire. A Hiroshima et Nagasaki, en août 1945, ils l’ont fait sans hésitation et n’en éprouvent aucun remords. Non seulement ce massacre de masse (plus de 220 000 morts) fut d’une barbarie sans nom, mais il n’avait aucune justification militaire. Le Japon était prêt à capituler, et le recours à l’arme atomique visait à intimider l’URSS, dont les troupes écrasaient l’armée japonaise en Mandchourie.

Pour la « nation exceptionnelle » à la « destinée manifeste », carboniser des centaines de milliers de femmes, d’enfants et de vieillards ne pose aucun problème sur le plan moral. Pour fêter l’anniversaire de la double explosion, les généraux US aimaient déguster en famille une pâtisserie en forme de champignon atomique. Cinq ans plus tard, les mêmes galonnés à la bonne conscience indécrottable déchaînèrent les feux de l’enfer contre les Coréens. Ces derniers échappèrent de peu à l’apocalypse nucléaire rêvée par MacArthur, mais ils subirent les effets dévastateurs d’une arme nouvelle : le napalm. Pendant la guerre de Corée, l’US Air Force fit un usage massif de cet explosif incendiaire, et la plupart des grandes villes du Nord ont été détruites.

Imagine-t-on une guerre qui anéantirait 60 millions d’Américains en les carbonisant avec des bombes incendiaires ? C’est ce que la Corée du Nord a subi entre 1950 et 1953. Déversant davantage de bombes sur la péninsule que sur le Japon entre 1942 et 1945, les généraux du Pentagone ont massacré sans état d’âme 3 millions de personnes, soit 20% de la population de ce petit pays. On se doute bien que de telles broutilles n’entacheront jamais le prestige inégalé dont jouit l’Oncle Sam dans les contrées occidentales. Mais à la lumière de cette histoire on comprend mieux, en revanche, la hargne anti-impérialiste des Nord-Coréens.

Il n’y a pas que le passé, au demeurant, qui incite à relativiser la passion de Washington pour la paix dans le monde et l’amitié entre les peuples. Lorsque les USA jouent la vertu outragée et brandissent l’épouvantail nord-coréen, on finirait presque par oublier qu’ils détiennent 4 018 têtes nucléaires, alors que la République populaire démocratique de Corée en possède une dizaine. Les cinq essais nucléaires nord-coréens ont provoqué des torrents d’indignation en Occident, mais les USA en ont réalisé plus d’un millier. Enfin, ce n’est pas la Corée du Nord qui a pris l’initiative de nucléariser la péninsule, mais les USA en 1958.

Lorsqu’on demande ce que viennent faire des porte-avions US dans la région, la propagande répond que la Corée du Nord est un Etat-voyou qui a violé le traité de non-prolifération nucléaire. Mais un Etat souverain est libre de dénoncer un traité international, et Pyongyang a la mérite d’avoir annoncé la couleur en se retirant du TNP. De ce point de vue, sa situation est beaucoup moins scandaleuse que celle d’Israël. Car cet Etat non-signataire du TNP détient 300 têtes nucléaires avec la bénédiction des puissances occidentales, alors qu’il bombarde ses voisins et colonise des territoires qui ne lui appartiennent pas.

Les dirigeants nord-coréens ont beau user d’une rhétorique grandiloquente, ils ont les pieds sur terre. La puissance militaire de cet Etat de 25 millions d’habitants représente 2% de celle des USA, et sa seule ambition est de prévenir une agression extérieure dont la perspective n’a rien d’irréel. Réduits à l’impuissance au Moyen-Orient, les docteurs Folamour du Pentagone rêvent d’en découdre avec ce pays récalcitrant. Ils ont installé un bouclier anti-missiles en Corée du Sud, dépêché dans la région un puissant groupe aéro-naval, et largué dans la montagne afghane la méga-bombe anti-bunker « MOAB » en guise d’avertissement.

Malgré les réticences du nouveau président sud-coréen, qui s’est déclaré prêt à « renvoyer » le bouclier anti-missiles, les « neocons » de Washington envisagent ouvertement une opération militaire contre les installations nucléaires nord-coréennes. Car l’affrontement avec la Corée du Nord présenterait deux avantages. Il constituerait un puissant dérivatif à l’échec de l’impérialisme au Moyen-Orient, où il se heurte à l’axe Moscou-Téhéran-Damas-Bagdad. Et il fournirait un banc d’essai pour le bombardement des installations souterraines du complexe nucléaire nord-coréen avec la bombe « MOAB ». En cas de succès, une telle prouesse technologique priverait la Corée du Nord de son outil de dissuasion et administrerait une leçon de choses à l’Iran, cible préférée de l’administration Trump.

Pari hasardeux, bien sûr. Dans l’immédiat, cette agressivité a pour seul effet de conforter Pyongyang dans sa détermination. Farouchement attachée à sa souveraineté, fidèle à l’idéologie du « juché » (autonomie) héritée de Kim-Il-Sung, la Corée du Nord n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds. Contrairement aux USA dont la doctrine prévoit la possibilité d’une attaque préventive, son programme nucléaire indique clairement à ceux qui voudraient l’attaquer qu’ils s’exposent à de sévères représailles. Décidée à résister à toutes les pressions, adossée au géant chinois, la République populaire démocratique de Corée est un « domino » que Washington n’est pas près de faire tomber.

Bruno GUIGUE

(Afrique-Asie, juillet 2017, version actualisée)

Coincée à Al-Tanf, l’armée américaine admet qu’elle a perdu la course pour occuper le sud-est de la Syrie (Moon of Alabama)

Mes félicitations à la Syrie et ses alliés. Ils ont, pour l’instant, gagné la bataille.

par Moon of Alabama 28 Juin 2017, 10:10 Al-Tanf Armée US Armée syrienne Confrontation Syrie Impérialisme USA

Coincée à Al-Tanf, l’armée américaine admet qu’elle a perdu la course pour occuper le sud-est de la Syrie

L’armée américaine a, pour l’instant, renoncé à occuper le sud-est de la Syrie. Ses déclarations récentes, lors d’une conférence de presse du ministère de la Défense, montrent qu’elle reconnait la défaite de son projet originel.

Récapitulons : l’armée américaine occupait la station frontalière d’al-Tanf entre la Syrie et l’Irak à environ 12 kilomètres à l’est du triangle frontalier Jordanie-Syrie-Irak. La route entre Damas et Bagdad, qui a une grande importance économique, traverse Al-Tanf. Lorsque les forces du gouvernement syrien ont avancé sur la région d’al-Tanf, les militaires américains les ont bombardées et ont revendiqué unilatéralement une « zone de désescalade », c’est-à-dire un territoire occupé, autour du poste frontière.

Le plan américain était de faire mouvement vers le nord d’al-Tanf et la vallée de l’Euphrate autour de Deir Ezzor pour empêcher que les zones tenues, à l’ouest, par le gouvernement syrien et par l’Irak, à l’est, se rejoignent. Les propagandistes néoconservateurs et sionistes clamaient qu’il fallait empêcher que se constitue un « croissant chiite » qui aurait relié l’Iran au Liban à travers l’Irak et la Syrie. Les forces américaines auraient ainsi coupé tout soutien iranien aux forces du Hezbollah qui défendent le Liban contre les incursions israéliennes. Mais le « croissant chiite » n’a jamais été qu’une vue de l’esprit. Le soutien iranien au Hezbollah n’a jamais dépendu des seules connexions terrestres. Les liens entre les membres du « croissant » n’ont pas été coupés quand les Etats-Unis ont occupé l’Irak ni lorsque l’EI a occupé la zone.

Le vrai projet américain était beaucoup plus vaste. Ils voulaient contrôler un couloir sunnite qui serait allé de la frontière saoudo-irakienne au sud jusqu’en Turquie, en passant par la province d’Anbar dans l’ouest de l’Irak, le sud-est de la Syrie, et le nord-est de la Syrie tenu par les Kurdes. C’était la «  principauté salafiste » dont un document de la Défense de 2012 avait parlé.

Les forces syriennes (en rouge), avec le soutien irakien, ont saboté les plans américains en reliant l’ouest de la Syrie à la frontière irako-syrienne, au nord de la zone d’al-Tanf tenue par l’armée américaine (en bleu). Ils ont rejoint des forces irakiennes alliées à la frontière, au nord-est d’al-Tanf, et avancent maintenant plus au nord-est, le long de la frontière, vers Abu Kamal et la vallée de l’Euphrate.

Source : Al Watan Online

Le commandement militaire russe a indiqué aux États-Unis que toute attaque contre ces forces serait considérée comme un acte très hostile et serait sévèrement châtié. Pour faire bonne mesure, l’Iran a tiré quelques missiles de moyenne portée du territoire iranien vers des zones tenues en Syrie par l’État islamique. La marine russe a tiré des missiles de croisière depuis la Méditerranée vers des cibles similaires. Tout cela pour faire comprendre aux Etats-Unis que leur petit contingent de al-Tanf partirait en fumée si leur armée attaquait encore les forces syriennes. Pendant ce temps, les Unités de Mobilisation Populaires (UMP) d’Irak, alliées à la Syrie, ont coupé al-Tanf du sud. Les forces américaines n’ont plus de route pour rentrer à la maison.

Comme nous l’avons écrit dans notre article du 13 juin Syrie – La fin de la guerre est maintenant en vue :

Les plans des États-Unis au sud, à l’ouest et à l’est de la Syrie ont échoué pour l’instant. À moins que l’administration Trump ne soit disposée à investir des forces plus importantes et à déclarer au gouvernement syrien et à ses alliés une guerre ouverte en violation de toutes les lois, la situation est stabilisée. Les forces syriennes reprendront au fil du temps toutes les terres (en bleu) situées dans le sud qui sont actuellement détenues par les diverses forces par procuration américaines et d’autres groupes terroristes.

Toutes les provocations récentes des États-Unis n’ont pas réussi à perturber les plans du gouvernement syrien et sa poussée vers Deir Ezzor.

Carte via Weekend Warrior

Vendredi, pendant une conférence de presse dont les médias ont peu parlé, l’armée américaine a pratiquement reconnu la défaite de ses plans :

WASHINGTON (AP) – La coalition militaire américaine qui lutte contre l’Etat islamique verrait d’un bon œil un effort concerté du gouvernement syrien ou de ses forces partenaires soutenues par l’Iran pour chasser l’EI de ses derniers bastions dans l’est de la Syrie, a déclaré vendredi un porte-parole des États-Unis.

Le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la coalition, a déclaré aux journalistes au Pentagone que l’objectif américain était de vaincre l’EI partout où il se trouvait. Si d’autres forces, y compris celles du gouvernement syrien et de ses alliés iraniens et russes, veulent combattre les extrémistes aussi, « cela ne nous pose absolument aucun problème », a-t-il déclaré depuis Bagdad.

Voilà un extrait de la transcription de cette conférence de presse :

Q : […] [Quelle menace potentielle, croyez-vous que les milices et les forces soutenues par le régime iranien posent à vos forces et à celles de vos alliés dans la région d’Al Tanf-Abu Kamal ?

COL. DILLON : Eh bien, si le régime syrien… et il semble qu’il mène un effort concerté pour reprendre les zones tenues par l’EI. Et s’il montre qu’il en est capable, ce n’est pas un mauvais signe. Nous sommes ici pour lutter contre l’EI en tant que coalition, mais si d’autres veulent lutter contre l’EI et les vaincre, cela ne nous pose absolument aucun problème. Et comme ils avancent vers l’est vers Abu Kamal et Deir Ezzour, si nous… pourvu que nous puissions faire de la désescalade et nous concentrer sur ce pourquoi nous sommes là, sans avoir aucun problème stratégique avec le régime ni avec les forces pro-régime ni avec les Russes, alors c’est… alors cela nous va très bien.

Un peu plus loin, le porte-parole reconnaît aussi que leurs forces à al-Tanf sont très limitées dans leurs mouvements :

COL. DILLON : … si le régime est… a repris la zone près d’Abu Kamal, alors l’espace dans lequel nous pouvons patrouiller avec nos forces partenaires [à partir d’al-Tanf] va être limité .

Toujours plus loin, le porte-parole met les points sur les i de façon encore plus claire : al-Tanf ne sert plus à rien désormais et l’armée syrienne peut aller où elle veut :

COL. DILLON : Ce que je voulais dire, c’est que nous avons utilisé les environs d’al Tanf pour entraîner nos alliés et pour continuer de… de combattre l’EI, vous savez, s’ils se trouvent dans la zone et autour d’elle.

Vous savez, maintenant que le régime a repris ces territoires, et qu’ils ont fait des progrès significatifs, vous savez, des progrès, semble-t-il, en direction d’Abu Kamal et peut-être de Deir Ezzour, s’ils veulent combattre l’EI à Abu Kamal et s’ils ont la capacité de le faire, alors, vous savez, nous n’y verrions pas d’inconvénient.

Nous, en tant que coalition, notre but n’est pas de s’approprier des terres. Notre but est de détruire l’EI, voilà ce que nous voulons faire. Et si… si le régime syrien veut le faire, et ils vont, encore une fois, mener un effort concerté et montrer qu’ils font… qu’ils le font à Abu Kamal ou à Deir Ezzour ou ailleurs, cela signifie que nous n’avons pas besoin de le faire dans ces endroits.

Et donc je suppose que… ce que je veux dire, c’est que dans la zone d’al Tanf, nous allons continuer à former nos forces partenaires. Nous continuerons à faire des patrouilles dans et autour d’al Tanf dans le désert de Hamad. Mais si notre accès à Abu Kamal est coupé parce que le régime y est, c’est OK .

NEWSFLASH : Le Pentagone et, plus important encore, les commandants américains au Moyen-Orient, ont finalement accepté la réalité.

Le gouvernement syrien et ses alliés ne laisseront jamais les États-Unis occuper le sud-est de la Syrie, ni le pays, ni même Deir Ezzor où la garnison de l’armée syrienne est actuellement encerclée par les forces de l’Etat islamique. L’armée syrienne et ses alliés vont libérer Deir Ezzor et toute la vallée de l’Euphrate. L’armée américaine l’a admis aujourd’hui. Les cercles néoconservateurs vont protester et s’agiter, mais je doute fort que les Etats-Unis reviennent sur cette décision ou qu’il s’agisse d’une ruse. Les États-Unis n’ont tout simplement aucune raison stratégique d’occuper le sud-est de la Syrie et aucune volonté de le défendre contre la résistance déterminée de forces opposées qui ont prouvé leur valeur.

Mes félicitations à la Syrie et ses alliés. Ils ont, pour l’instant, gagné la bataille.

Moon of Alabama

Coincée à Al-Tanf, l’armée américaine admet qu’elle a perdu la course pour occuper le sud-est de la Syrie (Moon of Alabama)
http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2017/06/coincee-a-al-tanf-l-armee-americaine-admet-qu-elle-a-perdu-la-course-pour-occuper-le-sud-est-de-la-syrie-moon-of-alabama.html

Trump va livrer des avions de guerre au Qatar : On ne peut mieux brouiller les cartes !

 

Trump va livrer des avions de guerre au Qatar : On ne peut mieux brouiller les cartes !

Alors que tout le monde s’accorde à dire que la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar, décidée le 5 juin dernier par huit Etats arabes, dont l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte, a pour cause le soutien de l’émirat gazier au terrorisme, le Département d’Etat américain vient d’approuver un accord pour vendre des avions de combat au Qatar et au Koweït d’une valeur de 31,2 milliards de dollars, selon l’Agence américaine de coopération de sécurité et de défense.

L’accord, qui consiste à vendre à ces deux pays du Golfe des avions de combat de type F/15QA, a été approuvé jeudi par le Département d’Etat américain. L’agence a ajouté que «le gouvernement du Qatar a demandé d’acheter 72 avions multitâches et les armes qui leur sont associées».

Un autre communiqué de l’agence annonce que le Département d’Etat a donné son accord également pour la vente au Koweït de 32 avions de combat F/A-18E Super Hornet et 8 avions de combat F/A-modèle 18/F ainsi que des équipements connexes, pour un coût estimatif de 10,1 milliards de dollars.

L’agence américaine a indiqué que «ces deux accords pourront contribuer à améliorer la sécurité de deux alliés à l’extérieur de l’Otan, qui étaient et qui demeurent une force importante pour le progrès politique et économique au Moyen-Orient». L’agence qualifie même le Qatar de «force importante à l’appui de la stabilité politique et du progrès économique dans le Golfe», tandis que le Koweït est décrit comme un «partenaire stratégique pour soutenir la stabilité dans les efforts de la région».

Selon un responsable du Département d’Etat qui s’est exprimé à la chaîne américaine Fox News, cette transaction n’est pas affectée par les récents développements dans la région du Golfe. Boeing, qui produit ces avions, compte énormément sur la transaction avec le Qatar pour assurer la continuité de la ligne de production des F/15 jusqu’en 2020, assure la chaîne américaine.

Il est à signaler que ces avions type F/15QA sont de la quatrième génération et sont détenus par Israël depuis 20 ans. Cette entité vient de recevoir un avion de cinquième génération (F/35). Il n’y a donc pas d’objection à vendre des avions de quatrième génération pour les Arabes, étant donné que la suprématie technologique est garantie à l’entité sioniste.

Ainsi donc, en validant cette transaction commerciale pour la fourniture d’avions de guerre au Qatar et au Koweït en pleine nouvelle tempête du désert, les Etats-Unis de Donald Trump entendent continuer leur politique guerrière au Moyen-Orient. Des guerres qui se prolongent en Syrie, en Irak et au Yémen. Autant dire que ceci constitue une source «intarissable» pour les industries de l’armement.

«L’année 2016 et les premiers mois de 2017 ont été fastes pour l’industrie de l’armement, et le Moyen-Orient a constitué son marché privilégié. Les Etats-Unis ont apporté la plus importante aide militaire de tous les temps à Israël d’une valeur de 39 milliards de dollars. Ils viennent de vendre 160 missiles Patriot aux Emirats et ont conclu des accords avec l’Arabie Saoudite pour une somme totale de 380 milliards de dollars. En jetant un coup d’œil sur les données compilées par le Sipri, on comprend que les guerres perpétrées au Moyen-Orient s’avèrent la constitution d’un marché florissant pour les industries de la défense», écrit le site Mondialisation.ca le 22 mai 2017 en commentant les statistiques publiées par le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri).

Ramdane Yacine

source:http://www.algeriepatriotique.com/article/trump-va-livrer-des-avions-de-guerre-au-qatar-washington-veut-embraser-le-golfe