Jeremy Rifkin : “Ce qui a permis le succès inouï du capitalisme va se retourner contre lui”

Jeremy Rifkin
Pour l’économiste américain Jeremy Rifkin, l’heure de la troisième révolution industrielle a sonné. La société va devoir s’adapter.

Il y a vingt-cinq ans, c’était la star du ring, le « boss », vainqueur du communisme par K-O ! Aujourd’hui, le capitalisme est un champion usé par la crise, miné par les contradictions et politiquement à bout de souffle. Pour l’économiste américain Jeremy Rifkin, nous assistons, tout simplement, à son éclipse. Dans un livre passionnant – La Nouvelle Société du coût marginal zéro – en librairie le 24 septembre 2014, il raconte le basculement, inévitable, que nous avons déjà commencé à opérer vers un nouveau système de production et de consommation : les « communaux collaboratifs ». Cette troisième voie (au-delà du sempiternel binôme « capitalisme ou socialisme ») est une forme d’organisation sociale fondée sur l’intérêt de la communauté plutôt que sur la seule satisfaction des désirs individuels, et rendue possible par la troisième révolution industrielle, dans laquelle Internet nous a fait entrer. Un nouveau monde émerge, dynamisé par les réseaux sociaux, l’innovation et la culture du partage. Utopie, encore ? Pour Jeremy Rifkin, c’est déjà une réalité. Entretien.

Nous nous éveillons, dites-vous, à « une nouvelle réalité – celle des communaux collaboratifs ». Ce réveil ne risque-t-il pas d’être difficile pour les entreprises ?
L’économie des communaux collaboratifs est le premier système global à émerger depuis l’avènement du capitalisme et du socialisme au début du XIXe siècle. C’est dire comme l’événement que nous traversons est historique. Au début, le marché capitaliste et les communaux s’épanouiront côte à côte. Mais au fur et à mesure que les communaux gagneront du terrain, un combat terrible va s’engager. Pour survivre, le capitalisme devra se « reconditionner », retoquer son approche du monde et tenter de profiter de la montée en puissance des communaux plutôt que de s’y opposer.

Qu’est ce qui provoque ce changement de paradigme ?
C’est le coût marginal zéro. Le coût marginal, c’est le coût de production d’un objet ou d’un service additionnel une fois les coûts fixes absorbés. Or, j’ai découvert l’existence d’un paradoxe profondément enfoui au cœur du capitalisme, et qui n’avait pas encore été mis au jour : ce qui a permis le succès inouï du système va finalement se retourner contre lui.

Chaque entrepreneur, comme nous le savons, est en chasse de nouvelles technologies pour améliorer la productivité de son entreprise, réduire les coûts marginaux, mettre sur le marché des produits moins chers, attirer plus de consommateurs, gagner des parts de marché, et satisfaire les investisseurs.

Mais nous n’avions jamais anticipé la possibilité d’une révolution technologique tellement extrême qu’elle pourrait réduire ce coût marginal, pour un ensemble important de biens et de services, à presque zéro, rendant ces biens et services virtuellement gratuits et abondants. Et sapant au passage les bases mêmes du capitalisme.

C’est pourtant ce qu’il se passe ?
Nous avons déjà vu le coût marginal se réduire dans les économies traditionnelles, de façon phénoménale, dans les trente ou quarante dernières années. Et les dix dernières années ont encore vu le phénomène s’accélérer. Voyez l’industrie musicale : des centaines de millions de jeunes produisent et échangent de la musique sur Internet, à des coûts marginaux proches de zéro.

Une fois que vous possédez un téléphone mobile ou un ordinateur, échanger de la musique ne vous coûte plus rien, à part votre abonnement au service. La presse, l’édition, les films et bientôt la télévision, attaquée par Youtube, connaissent le même destin. Des millions d’internautes créent aujourd’hui leurs propres vidéos pour pas grand-chose et les postent gratuitement sur le Web.

L’industrie du savoir aussi est touchée : avec Wikipedia, des millions d’individus produisent de la connaissance et la diffusent à un coût marginal proche de zéro. Et je ne parle pas des Moocs : en deux ans, 6 millions d’étudiants se sont mis à suivre gratuitement des cours online, issus des meilleures universités du monde.

Mais il ne s’agit là que de biens et services « numériques »…
Le vrai virage est là : nous avions toujours pensé qu’il y aurait un « pare-feu », que la réduction à zéro du coût marginal ne toucherait pas les industries traditionnelles. Que le feu, si vous voulez, ne passerait pas des « bits » au monde physique des objets. Ce mur est tombé. Les grandes mutations économiques – et il n’y en a pas eu des centaines dans l’histoire de l’humanité – se produisent quand trois révolutions technologiques convergent au même moment pour construire une plateforme d’opération unique pour l’économie.

Si vous remontez à la révolution hydraulique, puis aux révolutions de la vapeur et de l’électricité, vous vous rendez compte que l’on assiste à chaque fois à la conjonction d’une révolution des communications (facilitation des échanges), d’une révolution énergétique (le « moteur » de l’économie) et d’une révolution des transports et de la logistique (fluidification de la circulation des biens à l’intérieur de cette économie). A chaque grande mutation, ces trois domaines convergent dans une nouvelle structure.

Exemple : au XIXe siècle, l’impression (de journaux, notamment) par des presses à vapeur remplace l’impression manuelle. Arrive le télégraphe. Ces deux moyens de communication profitent de la profusion de charbon à coût modéré, et l’invention de la locomotive permet d’élargir le marché et de fluidifier le commerce. Au XXe siècle, une nouvelle révolution se produit avec le téléphone et la radio, qui convergent avec l’arrivée du pétrole et de la voiture, et provoquent, couplées avec la construction du réseau routier, le boom de la grande mutation urbaine et « suburbaine ».

Illustration : Richard Niessen pour Télérama

Et aujourd’hui ?
Nous voyons émerger un nouveau complexe communications-énergie-transports, qui donne naissance à l’économie du partage. L’Internet de l’information, déjà largement répandue, commence à converger avec un très jeune Internet de l’énergie, et un début d’Internet des logistiques : trois Internets en un, dans un super « Internet des objets » !

Des compagnies comme Cisco, IBM, General Electric, ont anticipé cette connexion tous azimuts de tous les objets, et commencent à mettre des capteurs partout. Des capteurs, il y en a déjà dans les champs, pour suivre l’évolution de la récolte ; sur la route pour calculer le trafic en temps réel ; dans les entrepôts et centres de distribution, pour mesurer les problèmes de logistique à la seconde près ; dans les magasins de détail, de sorte que quand un client prend un article en main, le capteur peut dire s’il l’a essayé, reposé, au bout de combien de temps, etc. Et maintenant les capteurs connectent tous les objets de la maison, thermostats, machines à laver… Aux alentours de 2030, il y aura quelque chose comme cent trillions de capteurs qui connecteront tout et tous dans un gigantesque réseau « neuronal », construit un peu comme votre cerveau. Et ce Big Data sera disponible à tous.

A supposer que la structure du réseau reste neutre – j’ai conscience que c’est un très grand « si », car rien ne l’assure – et que tout le monde soit traité également, cela veut dire que n’importe qui pourra se connecter sur cet Internet des objets, depuis son mobile, comme il le fait sur l’Internet de l’information, et échanger l’énergie renouvelable qu’il aura lui-même produite…

Car chacun, demain, produira l’énergie dont il aura besoin ?
Des milliers de personnes produisent déjà leur énergie pour un coût marginal proche de zéro. En Allemagne, 27% de l’électricité est verte, et la chancelière Merkel avec qui je travaille sur ces questions, vise les 35%. Il faut savoir que les coûts fixes de production de ce type d’énergie vont suivre la même courbe que ceux des ordinateurs : une chute libre.

La source d’énergie, elle, n’est pas un problème : le soleil et le vent sont gratuits, il suffit de les capturer – et nous y arrivons de mieux en mieux. Quant au transport de l’énergie, nous avons vu ces dernières années le début de la transformation de la « grille » de l’énergie en Internet de l’énergie. Des millions de « prosumers » (à la fois producteurs et consommateurs) vont pouvoir vendre, ou échanger, l’énergie dont ils n’ont pas besoin, sur une plateforme internet, à travers tous les continents.

Et les objets physiques sont aussi concernés par la révolution de l’abondance…
Oui, grâce aux Fablabs et à l’impression 3D. Les logiciels d’imprimerie sont dans leur majorité en opensource, si bien que ça ne coûtera bientôt plus rien de les télécharger, éventuellement de les améliorer, et de fabriquer soit même de nombreux produits. Le prix du matériau de construction va lui aussi baisser, car il est de plus en plus souvent issu du recyclage de métaux, de plastiques, de bois, etc. Dans deux ou trois ans, il y aura des Fablabs partout.

Maintenant, conjuguez tous les atouts dont je viens de parler : nous parlons alors d’un monde où vous pourrez alimenter votre petite entreprise de production 3D par de l’énergie gratuite que vous aurez produite vous-même ou échangée sur Internet. Un monde dans lequel vous pourrez transporter votre produit 3D dans des véhicules électriques, qui eux-mêmes ont été alimentés par de l’énergie renouvelable. Et dans dix ans maximum, ces voitures seront sans chauffeur. Vous les réserverez sur votre mobile et elle vous localiseront toutes seules avec leur GPS…

Quid du bouleversement de la société et des comportements individuels ?
Deux phénomènes majeurs permettent de comprendre comment cette troisième révolution industrielle a déjà commencé à transformer les comportements. D’une part, les jeunes semblent de moins en moins obsédés par l’idée de posséder, d’être propriétaires. Une entreprise comme General Motors, aux Etats-Unis, peut légitimement s’interroger sur son avenir quand elle découvre que l’achat de voitures chez les 18-25 ans aux Etats-Unis est en chute libre.

Le second changement, c’est que, demain, dans une société d’abondance, le capital social deviendra beaucoup plus important que le capital économique ou financier. Et cette mutation radicale commencera dès le plus jeune âge. Prenez les jouets. Aujourd’hui, ils représentent le premier contact de l’être humain avec la propriété, donc avec le capitalisme. Ce jouet que ses parents lui ont offert, l’enfant découvre que c’est le sien, pas celui de son petit copain. Et personne ne le lui conteste. Mais demain – et en fait aujourd’hui déjà dans de nombreuses familles – les parents emprunteront des jouets pour leurs enfants sur un site internet dédié ; l’enfant l’utilisera pendant quelques semaines ou quelques mois en sachant pertinemment qu’il n’en est pas le propriétaire ; et quand il s’en lassera ses parents renverront le jouet au site web pour que d’autres l’utilisent. A quoi bon garder des dizaines de jouets au grenier, n’est-ce pas ?

Mais le grand bouleversement à l’œuvre dans cet exemple tout simple, ce n’est pas tant que l’enfant pourra, pendant toute sa jeunesse, profiter d’autres jouets mieux adaptés à son âge : c’est le changement qui se produit dans sa tête par rapport à ce que les générations qui l’ont précédé ont connu. Il apprend en effet « naturellement » que les jouets ne sont pas des objets que l’on possède mais des expériences auxquelles on accède pour un temps donné, et que l’on partage avec les autres. Il se prépare en fait, dès son plus jeune âge, à l’économie du partage qui l’attend. C’est une mutation complète de la société. J’ai presque 70 ans et je n’avais jamais, jamais anticipé qu’une chose pareille se produirait.

Illustration : Richard Niessen pour Télérama

Mais la société occidentale – aujourd’hui attachée à un modèle vertical et hiérarchique – peut-elle s’adapter rapidement à ce modèle « horizontal » ?
Certains s’y mettent, en particulier dans le domaine de l’énergie. Et mieux vaut ne pas trop tarder. Car, comme je l’ai dit aux cinq plus gros groupes énergétiques allemands devant la chancelière Angela Merkel, et aux dirigeants d’EDF : « vous allez changer de métier ».

Quand des millions d’individus produiront leur propre énergie gratuitement et l’échangeront sur Internet, ne comptez pas gagner de l’argent en fabriquant du courant électrique : votre job, ce sera de gérer le Big Data de l’énergie pour faciliter la circulation des flux entre particuliers et entreprises. En Allemagne, le message est passé. En France, il fait son chemin… même si l’on n’est pas encore prêt à quitter la seconde révolution industrielle et son parc nucléaire.

En fait, le changement de génération met beaucoup plus rapidement en branle ces mutations que nos systèmes politiques et économiques. Deux tiers de la génération du Millenium (celle qui a eu environ 18 ans en l’an 2000) se dit favorable à l’économie du partage et la pratique déjà. Et les pays d’Asie et du Pacifique sont encore plus ouverts que les pays occidentaux sur le sujet. La révolution est mondiale, et on ne mesure pas toujours l’ampleur de ses conséquences.

N’oubliez pas, par exemple, que pour chaque voiture partagée, quinze voitures sont éliminées de la chaîne de production. Or, une étude que je cite dans mon livre a montré que dans une petite ville américaine, en gérant bien le partage de voitures, vous pouvez garantir à chacun à la fois mobilité et fluidité tout en réduisant de 80% le nombre de véhicules sur la route. Il y a 1 milliard de véhicules en circulation dans le monde. Retirez 80% d’entre eux, et faites vous-mêmes le calcul.

Croyez-moi, l’industrie sent déjà le vent du boulet, et elle se prépare. Et d’autres le font aussi, bien avertis de ce qu’on appelle « l’effet 10% » : si les géants de l’industrie classique semblent invincibles, beaucoup d’entre eux ont en effet des marges très étroites. Si 10% de leurs clients quittent le navire et basculent dans l’économie du partage, cela peut suffire à faire tomber ces industries.

La société du coût marginal zéro, c’est un bienfait pour l’écologie ?
C’est la meilleure arme pour aller dans le sens d’une société durable. Pour reprendre l’exemple de l’automobile, le fait que les 20% de véhicules qui resteront en usage ne brûlent qu’une énergie non polluante, gratuite et renouvelable est une excellente nouvelle pour la planète.

Si on peut produire des biens et des services pour rien, cela veut dire que l’exploitation de ce que la planète peut encore nous offrir est faite avec une efficacité maximale, sans gâchis. En produisant à un coût marginal zéro et en le partageant dans une économie circulaire – outils, voitures, jouets, vêtements – nous obtenons des avantages immenses en termes de pollution et de dégradation de l’environnement !

Le changement est à la porte. Et la route la plus rapide pour basculer dans la société de l’après-gaz carbonique est sans doute l’introduction, aussi vite que possible, de l’Internet des objets. Je ne sais pas si nous y arriverons, mais je crois que si nous y allons, l’expérience qui attend l’humanité dans le siècle à venir sera beaucoup moins pénible que ce que nous voyons se profiler si nous continuons avec le système actuel.

A l’avenir, la gestion des flux sera donc le nerf de la guerre ?
Absolument. Et la grande question politique des années à venir devra porter sur le problème, essentiel, de la neutralité du Web – soit un accès libre et une gestion collective de ce dernier. Disons le clairement : les grandes compagnies du câble et des télécoms, et certains géants d’Internet, remettent en question cette neutralité, voulue par l’« inventeur » de la toile, Tim Berners-Lee. Quand ce dernier a imaginé le World Wide Web en 1990, il a souhaité que le système soit aussi simple d’utilisation que possible, pour que tout le monde puisse en profiter et que personne ne soit abandonné en chemin. Il a réussi, d’ailleurs : que vous soyez patron ou collégien, sur le Net, tout le monde est à égalité.

Mais aujourd’hui, les compagnies du câble rouspètent. Elles disent : « Nous avons mis beaucoup d’argent dans la mise en place des tuyaux, nous voulons gérer les flux autrement en faisant payer des tarifs différents en fonction de la qualité et des volumes des fichiers échangés. Pour nous rembourser de nos investissements, nous devrions pouvoir contrôler les données que nous récupérons, et les commercialiser ». Les cablo-opérateurs ne sont pas les seuls à vouloir le gâteau. En installant des capteurs intelligents sur leurs compteurs, par exemple, les fournisseurs d’énergie aimeraient bien faire remonter toutes les infos utiles sur les habitudes de consommation de leurs clients, et les commercialiser.

C’est donc bien autour du Big Data que se joueront les profits – et les grands débats politiques – dans les prochaines décennies. Songez que Google enregistre chaque jour 6 milliards de recherches, qu’un habitant sur trois ou quatre de la planète est sur Facebook, que Twitter a 160 millions d’utilisateurs, qu’Amazon est le supermarché du monde… Comment s’assurer que ces compagnies ne séquestrent pas les infos qu’elles récupèrent à chacune de nos opérations sur le Net, comment faire en sorte qu’elles n’occupent pas de position de monopole dans leur activité ? Personne ne doit dominer outrageusement la plateforme technologique de l’Internet des objets.

Les centaines de millions d’internautes que nous sommes devenus doivent s’organiser. Rien d’impossible ! Les syndicats sont bien apparus avec le début du capitalisme, parce que les individus isolés ne parvenaient pas à exiger leur part de la production… Je suspecte que, demain, de nouveaux mécanismes émergeront afin que chacun ait un droit de regard sur la façon dont les informations qu’il laisse sur le Web sont utilisées.

 

La Corée du Nord : un potentiel minier exceptionnel

US vs Corée… BON SANG, L’EXPLICATION ÉTAIT POURTANT SI SIMPLE!…
« la Corée du Nord, avec toutes ces ressources, pourraient commencer à ressembler de plus en plus aux riches États pétroliers du Golfe….La Corée devrait également se tourner avec d’autres pays qui ont notamment la technologie des métaux rares.

Ça explique beaucoup de choses, ces salopards voudraient bien mettre la main sur le pactole

Après le lancement par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) du satellite Unha-2, la Korea Mining and Development Corporation figure parmi les trois sociétés nord-coréennes soumises à des sanctions du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Un choix logique au regard de la stratégie américaine de pressions économiques sur Pyongyang, qui rappelle par ailleurs une donnée essentielle : les mines constituent une richesse majeure de la RPD de Corée.

Avec des ressources minières estimées à 24 fois celles de la Corée du Sud, la République populaire démocratique de Corée possède un atout économique majeur, notamment dans la perspective d’une réunification de la péninsule, puisqu’elle rétablirait une complémentarité entre le Nord (où étaient implantées la majorité des industries lourdes en 1945) et le Sud, qui abrite traditionnellement les meilleures terres agricoles.

Selon la Banque de Corée (du Sud), le secteur minier représentait 8,7 % du produit intérieur brut de la RPDC en 2004 : si les ressources énergétiques (charbon) forment la principale ressource dans la production minière, devant le fer, le sous-sol nord-coréen est également riche en plusieurs minerais stratégiques : ses réserves de magnésite, tungstène, graphite (production 2006 : 32.000 tonnes ; 6 % des réserves mondiales), or (production 2006 : 2 tonnes) et molybdène placent la RPDC dans les dix premiers rangs mondiaux. Le sous-sol nord-coréen contient également du tungstène, du mercure, des phosphates, de l’argent, du fluor, du titane, du molybdène. La Corée du Nord possède également du sable, du gypse et du marbre.

La Corée du Nord est le premier ou le deuxième pays au monde (après la Chine) pour les réserves de magnésite, estimées à 490 millions de tonnes, en outre de très bonne qualité. La production annuelle de magnésite (10 % du total mondial) classe la Corée du Nord au troisième rang mondial.

S’ajoutent des réserves en pétrole offshore, non exploitées, en mer de l’Ouest, dont la localisation est à cheval entre les espaces maritimes chinois et nord-coréen.

La production de charbon (principalement d’anthracite, dont les réserves sont estimées à 1,8 milliard de tonnes), soit 23 millions de tonnes par, est répartie entre 600 mines. Elle est concentrée dans les régions de Kaechon, Pukchang, Sunchon, et de Tockchon, dans le Sud Pyongan, et à Saebyol, dans le Nord Hamgyong. Une partie de la production est exportée en Chine (soit 2,27 millions de tonnes sur la période janvier-décembre 2005, représentant près de 10 % des importations chinoises de charbon).

Les ressources en fer avaient fait, en 1970, de l’industrie sidérurgique nord-coréenne la quatrième plus puissante d’Asie, après le Japon, la Chine et l’Inde. A la fin des années 1980, l’extension du complexe de Kim Chaek avait porté le niveau annuel de la production d’acier à 7 millions de tonnes. Si la pénurie d’énergie a ensuite affecté les capacités de production, celles-ci tendent à être rétablies : en 2007, la production d’acier a été estimée à 1,23 million de tonnes (en hausse de 16 % par rapport à 2004). La production de fer (5 millions de tonnes en 2005) place la RPD de Corée au 18ème rang mondial.

Le cuivre est produit principalement dans la mine de Musan (Nord Hamgyong), la plus grande d’Asie (ses réserves sont estimées entre 3 et 7 milliards de tonnes), qui produit également du fer, et la mine d’Unryul (Sud Hwanghae) : la production de minerai de cuivre s’est élevée à 4,91 millions de tonnes en 2005 (dont 1 million de tonnes exportées en Chine en 2005, contre 600.000 tonnes en 2004) et 5,13 millions de tonnes en 2007.

S’agissant des métaux non ferreux, les principales autres productions (zinc : production 2006 67.000 tonnes, plomb : production 2006 20.000 tonnes) sont produites dans la mine de Komdok (Sud Hamgyong), et raffinées à Mungyong. La production de fluor (12.000 tonnes) classe la Corée du Nord au quinzième rang mondial.

Compte tenu de la complémentarité Nord-Sud dans le domaine minier, ce secteur a donné lieu à plusieurs projets intercoréens, conduits, côté Sud, par l’entreprise publique Korea Resources Corporation (KORES) en particulier pour l’exploitation du graphite.

Les ressources minières de la RPD de Corée font également l’objet de partenariats avec des pays étrangers, au premier rang desquels la Chine et l’Allemagne, afin notamment de moderniser les structures de production. En 2005, un accord sino-nord-coréen (entre la Compagnie chinoise des minerais métalliques et le ministère du Commerce extérieur de RPDC) a été le premier dans le secteur minier, en dehors d’une zone économique spéciale : il a porté sur les mines d’anthracite de Yongtung, dont la production annuelle s’élève à 1 million de tonnes. Le 12 décembre 2008, un accord dans le domaine charbonnier et l’industrie chimique a été signé entre la Chine et la Corée du Nord.

Des sociétés européennes – mais pas françaises – cherchent également à se positionner dans le domaine minier. Un fonds britannique, Chosun Development and Investment Fund, créé et géré par Anglo-Sino Capital Partners, a ainsi annoncé, en 2006, des projets d’investissement principalement dans le secteur minier, à hauteur de 50 millions de dollars puis de 100 millions de dollars.

Des groupes nord-coréens sont spécialisés dans la production et les échanges pour le secteur des mines, tels que la Compagnie Commerciale Coréenne Kwangsong, pour les métaux ferreux et non-ferreux, ou la Compagnie Générale Coréenne de l’Industrie de Magnésie Lourde.

Sources : Korea Energy Economics Institute, 2005 Minerals Yearbook, ministère sud-coréen de la Réunification, index mundi, Wikipédia

http://www.amitiefrancecoree.org/article-31071595.html

Venezuela : l’ambassadeur en France dénonce l’ingérence des États-Unis qui « financent et stimulent la violence pour déstabiliser le gouvernement »

c’est leur spécialité à ces pourris !!!!

Héctor Michel Mujica, ambassadeur du Venezuela en France, estime que le gouvernement américain encourage les violences anti-Maduro dans son pays car ce dernier prône « un modèle de développement différent » de celui des États occidentaux.

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franceinfoRadio France

Mis à jour le 11/08/2017 | 14:50
publié le 11/08/2017 | 14:26

Le président du Venezuela Nicolas Maduro a annoncé dans la nuit du jeudi au vendredi 11 août qu’il voulait une discussion avec Donald Trump au sujet de la crise qui secoue actuellement le pays sud-américain. Il souhaite que cette discussion ait lieu par téléphone ou qu’elle se fasse à New York à l’occasion de l’assemblée générale des Nations unies le 20 septembre. Héctor Michel Mujica, ambassadeur du Venezuela en France a estimé vendredi, sur franceinfo, que les États-Unis « financent le secteur violent de l’opposition » pour « déstabiliser le gouvernement » parce qu’il a « un point de vue et un modèle différent de celui prôné par les États-Unis et l’Union européenne. »

franceinfo : Pourquoi Nicolas Maduro dit-il que les Etats-Unis sont responsables de ce qui se passe au Venezuela ?

Héctor Michel Mujica : Depuis l’arrivée au pouvoir du président Chavez, le Venezuela a une politique de ressources naturelles et d’indépendance sur le plan international. Les États-Unis ont toujours fait comprendre aux nations de l’Amérique latine que si elles n’acceptaient pas leur point de vue, elles seraient foutues. Ils financent le secteur violent de l’opposition. Ils financent et stimulent la violence au Venezuela. Toutes les déclarations de Donald Trump sont faites pour déstabiliser le gouvernement.

Le problème n’est-il pas que le Venezuela a une économie basée uniquement sur le secteur pétrolier ?

On a investi dans le secteur industriel et agricole. On sait que le modèle rentier ne peut plus continuer. On attaque un pays parce qu’il a un point de vue et un modèle de développement différent de celui prôné par les États-Unis et l’Union européenne. Si c’était vraiment une dictature déguisée en démocratie comme c’est souvent reproché, quelles seraient les raisons qu’aurait une bonne partie de l’opposition de participer aux élections régionales à la fin de l’année ? S’ils sont élus, c’est parfait. Sinon ils crient à la fraude. C’est une guerre sur tous les fronts. Il y a des problèmes dont on ne se rend pas compte. Le Venezuela a payé sa dette mais tous les crédits internationaux sont fermés. Les agences de notations augmentent les taux d’intérêts pour nous empêcher de faire des emprunts.

Certaines personne attendaient plus et sont déçus que le changement n’arrive pas ?

Il y a eu beaucoup de changements. Il y a eu une révolution et un changement radical des institutions. Tout ce qui passe au Venezuela s’est déjà passé au Nicaragua ou à Cuba pendant l’embargo économique. Les guerres civiles provoquées de l’étranger servaient à empêcher un modèle de développement économique plus juste et plus humain.

Venezuela : « Les Etats-Unis financent et stimulent la violence pour déstabiliser le gouvernement » – Héctor Michel Mujica

Interdit aux Blancs ! Le « camp d’été décolonial » remet ça

La deuxième édition du "camp d'été décolonial" se tiendra du 12 au 16 août.

La deuxième édition du « camp d’été décolonial » se tiendra du 12 au 16 août. – Capture
Communautarisme

Interdit aux Blancs ! Le « camp d’été décolonial » remet ça

Après une première édition en août 2016, ce camp réservé aux personnes « racisées » se tient de nouveau à partir de ce samedi 12 août, dans un lieu confidentiel.

La première édition avait rassemblé en août 2016 170 personnes, selon Mediapart, seul média alors autorisé à couvrir l’événement. Pour la deuxième fois, un « camp d’été décolonial » est organisé à partir de ce samedi 12 août et pendant quatre jours par la militante « afroféministe » Fania Noël et la journaliste Sihame Assbague, qui attendent 220 participants. Et cette fois encore, il est « réservé uniquement aux personnes subissant à titre personnel le racisme d’Etat en contexte français », peut-on lire sur le site dédié. Autrement – et plus simplement – dit : il est interdit aux Blancs !

La rhétorique identitaire des tenants de ce type d’événement commence à être connue : pour lutter pour le racisme, il ne faudrait se retrouver qu’entre personnes appartenant aux minorités victimes, et donc de fait opérer une distinction raciale. Sihame Assbague expliquait ainsi sa démarche dans un entretien à Vice en décembre dernier : « Avec l’organisation du camp, nous n’avons pas voulu faire de la pédagogie à l’intention des Blancs – ce qui peut être utile et que nous pouvons faire à d’autres moments – mais nous concentrer sur les « racisés » comme nous, qui subissent les mêmes oppressions que nous, et qui ont besoin d’échanger sur ces questions-là. »

Un lieu tenu secret

L’initiative avait alimenté une vive polémique l’an dernier. Interpellée à l’Assemblée, Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Education nationale, avait dénoncé en avril 2016« une vision racisée et raciste de la société qui n’est pas la nôtre ». « Ces initiatives sont inacceptables parce qu’au bout de ce chemin-là, il n’y a que le repli sur soi, la division communautaire et le chacun chez soi », s’était-elle insurgée.

Le camp de l’an dernier s’était déroulé à Reims. Cette année, le lieu est tenu secret « pour des raisons de tranquillité et de sécurité », explique le site de l’événement. Même si, dans leur entretien à Vice en décembre, les organisatrices avaient donné un indice sur la destination envisagée : « Il paraît qu’il y a de belles plages en Corse. »

On en veut plus de cette imposture, de cette félonne et traître perverse qui veut détruire la France en sapant ses fondements, l’éducation et enseignement

najat 2017

Najat Belkhacem virée aux législatives par les électeurs reviendrait en politique comme sénatrice

De Mike Borowski, Rédacteur en Chef de La Gauche M’a Tuer
. Politique
Mike Borowski
Mike Borowski
Rédacteur en Chef de La Gauche M’a Tuer

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Ce qui a de formidable dans la politique Française, enfin plutôt pour les hommes et femmes politiques issus du sérail, pour la nation cela n’a malheureusement aucun intérêt, c’est que ces gens même s’ils sont dégagés à coups de pieds aux fesses par les électeurs et bien ils ont toujours une branche sur laquelle se raccrocher. On ne les veut plus et on les met à la porte, ils reviennent par la fenêtre. Parfois il est même impossible de se débarrasser d’eux tels des punaises ils se maintiennent et se maintiennent et il n’y a rien à faire ils ne partiront pas.

D’un autre côté je les comprends la place est tellement bonne surtout au vu du pedigree de nos chers élus. La plupart d’entre eux si ce n’est l’investiture que leur donne le parti ne jouirait pas de la vie comme ils le font comme parlementaire. Ils sont souvent incapables, incompétents, à moitié demeurer, je les comparerai aux joueurs de football qui sans leur bonne étoile d’avoir eu un talent comme sportif n’auraient même pas la possibilité de balayer les rues, je dis ça sans aucun mépris ni condescendance puisqu’au moins les éboueurs servent à la collectivité, le footballeur aussi à sa façon au contraire des politiciens dont on peut les classer parmi les nuisibles.

Cette arithmétie Mme Belkacem va visiblement la connaître, ainsi vous l’avez détesté comme ministre de l’éducation nationale et vous aviez bien raison, vous avez par conséquent boycotté Benoit Hamon dont elle a été son porte-parole pendant les présidentielles. Vous n’avez pas seulement voulu sanctionner Hamon, vous avez aussi empêcher son maintien dans un gouvernement comme ministre. Les électeurs de Villeurbanne sa circonscription ont refusé de lui donner mandat pour que Mme Belkacem devienne député, ils l’ont éliminé.

Ces résultats contre elle sont un rejet à sa personne et tout être humain normal verrait sa comme une sanction individuelle liée à ce qu’elle représente, et bien non pas elle. Non toutes les excuses sont bonnes la vague Macron, la faillite du PS, le racisme, la misogynie, tout sauf son action.

Par conséquent Mme Belkacem réfléchi à la sénatoriale, car coup de chance les sièges sur son département se libèrent en septembre. Et comme vous le savez si bien, les sénateurs sont élus par les élus, c’est beaucoup plus simple qu’un avènement par le peuple, surtout si vous êtes affiliés à un parti important comme le PS. Bingo voilà le tremplin pour revenir montrer sa bouille à la télévision et continuer le travail de sape politique qu’elle a entreprit depuis 2012.

Electeurs vous ne l’avez plus voulu ministre, ou député vous l’aurez sénatrice. Et pour au moins 6 ans.

http://lagauchematuer.fr/2017/07/03/najat-belkhacem-viree-aux-legislatives-par-les-electeurs-reviendrait-en-politique-comme-senatrice/http://lagauchematuer.fr/2017/07/03/najat-belkhacem-viree-aux-legislatives-par-les-electeurs-reviendrait-en-politique-comme-senatrice/

Pourquoi tout le monde crée des mouvements et plus personne ne crée de partis

Galaad Wilgos — 31.07.2017 – 7 h 00, mis à jour le 31.07.2017 à 7 h 01

Benoît Hamon, le 1er juillet 2017, lors de la création du Mouvement du 1er juillet | JACQUES DEMARTHON / AFP.
Benoît Hamon, le 1er juillet 2017, lors de la création du Mouvement du 1er juillet | JACQUES DEMARTHON / AFP.

La mode est aujourd’hui aux mouvements. Ceux qui veulent faire «bouger les lignes» au sein de leur parti ou créer une organisation susceptible de les porter au pouvoir rechignent désormais à s’appeler parti. Au contraire, il s’agit d’accueillir tous les citoyens –d’être citoyen–, de privilégier le «transpartisan», de se «régénérer au-delà des partis politiques», comme l’affirmait Benoît Hamon à l’occasion de l’annonce du lancement de son nouveau mouvement le 1er juillet, et ce dans le but de «reconstruire une gauche inventive qui dépassera les étiquettes politiques».

En Italie, c’est le Mouvement 5-Étoiles lancé par Beppe Grillo; en Espagne, c’est Podemos qui se voulait une sorte de «mouvement-parti» découlant du mouvement social du 15-M (mieux connu sous le nom des Indignés); en Belgique, le Mouvement de gauche a fusionné avec la coopérative VEGA pour donner le mouvement Demain (oui, avant celui d’Anne Hidalgo et Martine Aubry!). Quant à la France, nous ne sommes pas en reste: en avril 2016, En Marche! était lancé en se voulant un mouvement (officiellement, il n’était alors pas encore question de candidature aux élections), tandis que Jean-Luc Mélenchon lançait le mouvement de la France insoumise. Et ce quelques années après avoir fondé le Mouvement pour la VIe République, «une première expérience pour essayer des choses, concentrée sur la VIe République» et qui fut un «beau laboratoire» selon Sophie Rauszer, porte-parole sur les questions européennes de la France insoumise. Même Marine Le Pen a lancé en 2012 son Rassemblement Bleu Marine, «mouvement pour tous les patriotes amoureux de la France».

Désaffection pour les partis

Mais pourquoi cet engouement pour les mouvements? Et tout d’abord, qu’est-ce qu’un mouvement? Peu de gens semblent s’accorder sur une définition. Dans les années 1960-1970, Alain Touraine, principal sociologue des mouvements sociaux à l’époque, en donnait la définition suivante:

«C’est la conduite collective organisée d’un acteur de classe luttant contre son adversaire de classe pour la direction sociale de l’historicité dans une collectivité concrète.»

Une définition restreinte excluant les nouveaux mouvements sociaux ayant émergé durant ces décennies (régionalisme, féminisme, etc.). Le sociologue Erik Neveu lui préfère une définition plus large, où un mouvement social désigne une «forme d’action collective concertée en faveur d’une cause»: «il s’agit d’un agir-ensemble intentionnel, marqué par le projet explicite des protagonistes de se mobiliser de concert. Cet agir-ensemble se développe dans une logique de revendication, de défense d’un intérêt matériel ou d’une “cause”».

La France en a connu, ces dernières décennies, certains de grande ampleur proches de partis politiques, de la Manif pour tous, proche de la droite de LR et de l’extrême-droite, à SOS Racisme, proche du PS, qui a lancé la carrière politique de personnalités comme Malek Boutih ou Harlem Désir. Juridiquement, le statut de ces mouvements demeure flou: souvent enregistrés en tant qu’association à l’instar des partis politiques, comme pour En Marche!, ils peuvent aussi être de simples associations de fait, courants de pensée interne à un parti politique ou centres de réflexion pour faire avancer certaines idées à l’intérieur ou en dehors des structures traditionnelles.

Plusieurs raisons peuvent expliquer la préférence pour le concept de mouvement par rapport à celui de parti –dont la définition habituelle le résume à sa fin: un parti est une organisation défendant un certain nombre d’idées et dont le but est de conquérir puis d’exercer le pouvoir. À commencer par un rejet des partis politiques qui n’a cessé de croître. Ainsi, dans un sondage Ipsos de 2014, seuls 8% des Français déclaraient avoir confiance dans les partis politiques. Un sondage Harris Interactive d’avril 2016 pour LCP notait que les Français associaient spontanément les partis politiques au mensonge.

Il est vrai que depuis quelques décennies maintenant, les partis sont les mal-aimés de la politique: structures trop hiérarchisées, apparatchiks qui monopolisent les directions, autoritarisme sont dénoncés, alors que le nombre d’adhérents a chuté de manière radicale depuis des années. Comme nous l’explique Sophie Rauszer, «il y a un dégoût des partis politiques de la Ve République qui sont nécrosés, notamment dans leurs les méthodes de fonctionnement parfois sectaires ou autoritaires. Ce n’est pas pour rien que les deux partis principaux ont été éliminés». Un constat que partagent les chercheurs du Cevipof Bruno Cautrès et Madani Cheurfa, cités par Le Monde, qui évoquent l’absence de travail de réflexion des partis en comparaison des think-tanks, instituts ou mouvements.

Comme la société, les partis ont évolué: des partis de cadres des élites bourgeoises et parlementaires, on est passé, grâce notamment au suffrage universel, aux partis de masse (dont l’archétype était le PCF de 1946) pour arriver aux partis «attrape-tout» qui à la fin des années 60, notamment avec le développement de la communication de masse, de la désaffection politique et de l’individualisation des désirs, cherchaient à défendre des «enjeux peu susceptibles de soulever une hostilité dans la communauté». Enfin, les partis se sont cartellisés selon les politistes Richard Katz et Peter Mair, cités par Le Monde:

«Les aides financières et l’alternance politique ont amené ces organisations à se « partager » le pouvoir d’Etat et à se transformer en « gestionnaires de l’exécutif » et des pouvoirs régionaux. […] Pour éviter d’être écartées des responsabilités, elles ont verrouillé un système électoral qui les favorise et les finance.»

Selon eux, c’est bien ces changements qui ont poussé à une forme de défiance par rapport à ces partis gouvernementaux, ainsi qu’à la montée de partis protestataires.

Nouvel esprit du capitalisme

À ces évolutions s’ajoute aussi un changement radical. Après Mai 68, qui a vu émerger une critique radicale des partis et de leurs structures bureaucratiques, verticales et centralisées ainsi qu’une valorisation concomitante de l’autonomie, de la participation et de l’horizontalité, la mode était dans les années 70 aux nouveaux mouvements sociaux, décentralisés et méfiants par rapport aux partis politiques. Vint alors l’intégration de cet imaginaire radical, et notamment de la «critique artiste» très en vogue durant le printemps de 68, par le capitalisme lui-même. Une récupération qui permettra au capitalisme de se régénérer et qui produira ce que Luc Boltanski et Eve Chiapello ont nommé, dans leur livre Le nouvel esprit du capitalisme (Gallimard), le «troisième esprit du capitalisme». Un esprit dont les maîtres mots sont réseaux, autonomie, employabilité, horizontalité, participation, etc. Soit les mots d’ordre de Mai 68… mais dans un cadre capitaliste –ainsi que l’indiquait déjà dans les années 1980 toute la littérature du management. Cela ne pouvait qu’avoir un impact sur la structure des organisations partisanes, comme les deux auteurs le disaient déjà dans un entretien paru en 2000:

«L’histoire montre que les mouvements critiques, parce qu’ils participent au même monde que les institutions qu’ils critiquent, en partagent de très nombreuses caractéristiques. Les syndicats et partis du deuxième esprit du capitalisme étaient coordonnés par la hiérarchie et la planification, étaient des mondes où les hommes dominaient sans partage, reléguant les femmes à l’exécution, ainsi que des mondes relativement autoritaires. Ils n’avaient rien à envier sur ce plan aux entreprises. Les mouvements critiques du troisième esprit du capitalisme, de même, partageront avec le procès qu’ils critiquent de nombreuses caractéristiques: le réseau internet, des jeux d’alliances avec une nébuleuse d’autres organisations critiques, petites et grandes, en France et à l’étranger, une gestion en partie par projets, etc.»

De fait, comme le rappelle au Monde Yves Sintomer, de l’université Paris-VIII et spécialiste de la démocratie participative, on «assiste à des engagements ponctuels, flexibles, distanciés, dans des communautés plus ouvertes, pour défendre des causes d’un moment». Le militantisme n’a donc pas disparu, il a revanche muté avec les évolutions de la société et des individus qui la composent, privilégiant un engagement moins total, plus occasionnel, réticulaire, fluide, citoyen, sans contraintes, etc. Liquide, aurait dit le défunt sociologue Zygmunt Bauman, qui expliquait dans un entretien que «la tendance à substituer la notion de “réseau” à celle de “structure” dans les descriptions des interactions humaines contemporaines traduit parfaitement [le] nouvel air du temps. Contrairement aux “structures” de naguère, dont la raison d’être était d’attacher par des noeuds difficiles à dénouer, les réseaux servent autant à déconnecter qu’à connecter…».

Le constat vaut aussi pour les mouvements vis-à-vis des partis et est exemplifié par le mouvement En Marche! pour lequel, à l’inverse des vieux partis, il suffit de s’inscrire sur un site web, sans encartement ni cotisation, pour participer à la vie du mouvement. Daniel Bensaïd, dans un entretien croisé pour la revue Actuel Marx, alertait cependant en 2009 contre le danger de parler d’un changement manichéen:

«Il serait simpliste d’opposer une culture décentralisée, réticulaire, aux formes syndicales ou partisanes centralisées isomorphes à une certaine figure de l’État. Il s’avère que le discours sur les réseaux et la fluidité est tout aussi isomorphe à la société liquide d’un capitalisme libéral qui n’en conjugue pas moins, avec efficacité, centralisation et décentralisation, comme l’illustre à merveille l’organisation de Wal-Mart.»

Partis et mouvements sont-ils vraiment si différents?

Dès lors, sous couvert de modernité et de rapprochement du citoyen, n’est-on pas en train de repeindre la vieille bâtisse des partis politiques en y accolant le mot de «mouvement», moins connoté, plus «fluide», postmoderne? Observons ainsi que le «mouvement» En Marche! n’est en réalité qu’un «parti comme les autres», avec des «référents» par départements à la tête de comités locaux, et a bien sûr présenté, avec succès, des candidats aux élections.

Cette contradiction –ou cette dialectique selon ses partisans– entre horizontalité proclamée et verticalité factuelle se retrouve aussi dans La France insoumise. Inspirée par les théories de Chantal Mouffe pour qui la présence d’un leader charismatique est cruciale pour un mouvement populiste, celle-ci accueille en son centre la figure de Mélenchon alors qu’elle promeut pourtant les réseaux (notamment sociaux), l’horizontalité, la prolifération des initiatives autonomes, le relativité des désirs et des engagements et la participation citoyenne intermittente (notamment via internet). Une stratégie populiste qui, selon Jean-Yves Pranchère, professeur de philosophie politique à l’Université libre de Bruxelles, «associe rhizome anarchique et verticalité gaullienne».

Nous assistons donc à l’émergence, non pas d’un idéal-type nommé «mouvement», mais bien à l’adaptation des structures partisanes aux changements qui touchent la société et donc par la même occasion la démocratie représentative. Mais avec un manque d’ossature qui semble paradoxalement favoriser la centralité d’un individu providentiel et de son équipe rapprochée.

http://www.slate.fr/story/145944/partis-mouvementshttp://www.slate.fr/story/145944/partis-mouvements

Blanrue écrit à BHL qui l’a honteusement accusé d’antisémitisme dans « Le Point ».

mardi 1 août 2017

Blanrue, Elsa Zylberstein et Yannou le 4 octobre 2009
Salut Bernard !
 
Tandis que je passe des vacances bien méritées sur les bords de la lagune, on m’informe que vous me qualifiez d’antisémite dans votre bloc-notes du Point.
 
Dans Le Point, Bernard ! Quelle idée ! 
 
Ce magazine a hébergé l’un de mes articles en 2012, consacré aux prophéties de saint Malachie. Rendez-vous compte : c’était il y a cinq ans à peine ! C’est-à-dire bien après la parution de l’article qu’Alain Gresch a consacré à mon livre Sarkozy, Israël et les juifs (Oser dire, 2009) sur le blog du Monde diplomatique, lequel article vous donne des boutons. 
 
Pensez-vous qu’au sein de la rédaction de cet excellent hebdomadaire qu’est Le Point se cachent des extrémistes désireux de promouvoir un ennemi juré des juifs qui aurait pour nom Blanrue ? C’est improbable, n’est-ce pas ? Je vous le dis comme je le pense, Bernard : stop au complotisme ! 
 
J’espère que vous ne lancez pas une telle accusation à mon endroit parce que je suis français, Bernard. J’ai appris que, depuis l’un de vos livres intitulé L’Idéologie française, vous aviez un problème avec mon pays que vous suspectez d’être d’essence fasciste et qu’il vous est même arrivé de vous réjouir en public qu’on « rabatte le caquet du coq gaulois ». 
 
Il serait donc important que vous me disiez, en toute franchise, si mes origines vous déplaisent, auquel cas je me verrais dans l’obligation de saisir une ligue de vertu afin qu’elle vous remette dans le droit chemin de l’amour universel.
 
Je sais que la vérité vous importe modérément, du moins tant qu’elle n’émane pas d’un ouvrage de Jean-Baptiste Botul, mais je tiens tout de même à vous faire remarquer, Bernard, que je ne suis pas antisémite pour un sou. Pour un sou, c’est le cas de le dire, car mon casier judiciaire est, sur ce point comme sur tous les autres, aussi vierge que sainte Marie, la mère du Christ, que votre sublime soeur Véronique tient, je crois, en très haute estime. 
 
Un ami commun, écrivant chez vous, à votre botte, pourrait vous montrer les nombreuses pages de ses livres qui ont en réalité été rédigées par mes soins, y compris celles d’un ouvrage ayant reçu récemment un prix prestigieux pour lequel vous l’avez félicité. Comment cela se pourrait-il si j’étais antisémite ? Réfléchissez deux minutes, Bernard ! Cela ne se peut !
 
Je pense aussi à notre copine d’origine brésilienne, Maria de Franca, rédactrice en chef de La Règle du Jeu depuis 2008 (blog où vous publiez également votre bloc-notes du Point), qui pourrait à son tour vous raconter par le menu, et en se tapant sur les cuisses, quel bon réveillon nous avons passé ensemble chez son vieux papa sympa, juste avant qu’elle n’entre dans votre boîte, et quel fut mon rôle dans son processus de naturalisation française à l’époque où elle faisait la navette entre São Paulo et la Porte de Clignancourt. 
 
Quelle rigolote, cette Maria ! Et quel être serviable, dévoué ! Vous l’appréciez beaucoup, paraît-il. Oh, je le comprends. 
 
J’allais oublier de vous dire que j’ai participé à l’écriture d’une chanson de votre dame, je parle d’Arielle Dombasle. Mais il est vrai qu’elle l’ignore car je n’étais que le ghostwriter de l’auteur des paroles, qui, épuisé d’avoir à pondre de mauvaises rimes pour une crécelle décrépite, fit appel à mes modestes services par une nuit de profond désespoir. Nous nous sommes bien amusés ! Le résultat dépassa toutes nos espérances ! Je ne me repasse jamais cette chanson sans sourire, car j’ai bien conscience que cette chère Arielle, plus évaporée que nature, ne sait pas du tout ce qu’elle miaule. 
 
En revanche, si vous voulez tout savoir, il est exact que je vous tiens pour un membre influent des réseaux israéliens en France et qu’à mes yeux vous êtes coresponsable de la politique belliqueuse qu’a menée mon pays en Libye et qu’il poursuit au Proche-Orient, ce qui nous vaut de vivre, jour et nuit, depuis des années, sous la menace terroriste islamiste.
 
Aussi, Bernard, j’espère qu’un jour vous serez jugé pour vos méfaits et condamné à la lourde peine que vous méritez. 
 
Recevez les sentiments que vos écrits et votre attitude suscitent en moi.
 
Paul-Éric Blanrue